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des aveugles; car au moment qu’on entreprendra de leursdonner des Conseils salutaires, il en arrivera que les pro-testans en seront informés, et qu’ils regarderont le donneurd avis comme un Ennemi dangereux.
J’ai crû que le service de Votre Majesté demandoit quej'observasse toutes mes démarches afin d’éviter le soupçonde partialité, et quoique j’aie ressenty une vive douleur devoire les Catholiques a la veille d’etre anéantis. Je n’ai paslaissé de me conserver une certaine confiance parmi les pro-testans qui n’a pas été mutile aux vues que vous aviez, Sire,de gagner du temps jusques a la paix générale qui vousdonneroit la liberté d’agir selon votre cœur par rapport ala Réligion, et aux véritables intérêts de votre Couronne.Cette paix paraît prochaine, et je crois, Sire, devoir vousdire ce quelle va produire parmy les Cantons.
Les Catholiques n’ont jusqu’à ce jour d’autre ésperancequ’en la protection du Ciel et de votre Majesté. Ils comp-tent que vous allez incessemment les secourir, non seule-ment en les faisant rentrer dans les pays qu’ils ont Etésforcés de ceder; mais en établissant un Equilibre qui puisseles mettre en état de ne rien craindre pour leur liberté etleur Religion. S’ils s’aperçoivent, que vôtre Majesté n’aitpas pour Eux les dispositions dont ils se flattent, ils croientêtre dans la nécessité de recourir a l’Archiduc; ce qui leursera d’autant plus facile que ce prince devenant Proprietairedu Milanez sera plus a portée que vôtre Majesté de leuraccorder des grâces, qu’ils ne sçauroient recevoir d’aucuneautre puissance.
Tous savez, Sire, qu’il y a eu Capitulât entre le Duc deMilan et les Cantons catholiques où celui de Soleure, n’estjamais entré parce qu’il est détaché des autres et que le bonGouvernement demande qu’il ne s’alie qu’avec vous.