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SAINT-MAURICE.
A un quart de lieue de Saint-Maurice est le champdans lequel fut massacrée la légion thébéenne etMaurice, son chef, soldats martyrs, déserteurs desidoles, décimés pour la sublime insubordinationde leur foi :
Furieux dans la guerre, ils souffrent nos bourreaux,
Et, lions au combat, ils meurent en agneaux (1).
Près de là» habite à mi-côte de la montagne, aumilieu des rochers, un ermite aveugle. Malgré sessoixante-six ans, l'élévation de sa demeure etl'étroit sentier qui y conduit, ce vieillard sait très-bien tout seul retrouver son chemin. Contre l’usageordinaire des ermites des poèmes et des romans,celui-là n’était pas très-résigné; il n’avait pascomme eux connu les grandeurs et l’inconstancede la fortune; c’était un pauvre paysan, ayant
(1) Polyeucte. Le massacre des G,GOO soldats de la légionthébéenne par ordre de Maximien, le 22 septembre de l’an 302a été très-bien défendu et prouvé dans l’ouvrage d’un savantValaisandu dernier siècle, Pierre-Joseph de Rivaz, encore dis-tingué comme mathématicien, et dont Rousseau a loué le mérite.Ses Eclaireissevients sur le martyre de la légion thébéenneet sur l'époque de la persécution des (raides sous Dioclétienet Maximien {publiée après sa mort, Paris, 1779), sont un■vrai clief-d’ocuvre d’érudition sacrée et de critique histo-rique.