PREMIÈRE CAMPAGNE DE L’EST. 55
coûte que coûte, entraîner sa ligne en avant, marchaitâvec eux
A leur droite, le 32 e de ligne tentait un suprême effortsur Nompatelize, pendant que le reste de notre colonne degauche sortait du bois de Saint-Benoît (francs-tireurs deNeuillv, capitaine Sageret) * 2 .
Ce bel élan faisait reculer l’ennemi; l’exemple de cetofficier général, oubliant un instant son grade élevé, et re-devenant capitaine pour entraîner ses troupes hésitantes,avait électrisé ces jeunes soldats. A ce moment leur forcemorale supérieure à celle de l’ennemi forçait celui-ci à seporter en arrière 3 ; il évacuait le Han et se réfugiait dansun bouquet de bois situé plus au nord. Nous l’attaquionsvigoureusement, et poussant sur Saint-Remy, nous ména-gions même son flanc droit. Mais des renforts lui arri-vaient de Raon-l’Étape. C’étaient 3 compagnies de « Leib-grenadiers» et 1 peloton de dragons. 2 pièces accouraient
I • Il était accompagné d’un jeune élève de l’École polytechnique, II. Piston,aujourd'hui lieutenant-colonel d’artillerie, qui fut blessé à ses côtés en cher-chant à entraîner la chaîne de tirailleurs en avant. Le capitaine Varaigne futatteint d’un éclat d’obus à la tête.
2. « A une heure le fen avait totalement cessé quand au bout d’une denii-« heure, il reprenait brusquement par une soudaine attaque des Français.« Soutenues par quelques batteries remises en action sur les hauteurs de la" Bourgonce, des masses d’infanterie débouchent des bois de Saint-Benoît et des“ Jumelles, ainsi que du village de La Salle, et se portent contre les troupes« badoises réparties par compagnies sur une longue ligne de bataille. Celles-ci" évacuent le Han, mis en flammes, pour gagner un bouquet de bois qui se“ trouvait plus au Nord ; elles parviennent, il est vrai, à s’y maintenir contre11 les efforts répétés de l’assaillant, mais d’autres corps français, poussant« sur Saint-Remy, viennent bientôt les menacer sérieusement sur leur flanc« droit.
« La situation commençait à présenter une certaine gravité. »
(Grand Élat-major, vol. III, p. 306.)
3. L’honneur des armes et la supériorité morale de l’armée et de son chef
sont des éléments dont l’action invisible pénètre sans cessé tout l'acte de laguerre. (Clausewitz.)