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La guerre sur les communications allemandes en 1870 : première campagne de l'Est; campagne de Bourgogne / J.-B. Dumas
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80 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.

dépendance absolue, agissant toujours pour son compteet délié de toute subordination, considérait, nous n’endoutons pas, qu’un personnage historique de son impor- !tance ne pouvait recevoir d’ordre de personne. Le Ministre \de la guerre ne put donc trancher clairement la situation ;respective de ces deux chefs d’armée et la parité de leur :grade, en affaiblissant leur commandement, donna aux ïinstructions du général Cambriels le caractère de négo- ,dations, bien plutôt que celui d’ordres de supérieur à ;subordonné. ;

Un tel état de choses condamnait forcément leurs opé- irations décousues à la stérilité dans les résultats. L’oppo-sition des pouvoirs devait, en outre, chose plus graveencore, jeter le désordre dans cette région et empêcher :d’aboutir l’une des conceptions les plus belles 1 de cette ;guerre, l’une de celles qui aurait pu et aurait dù êtrevraiment féconde.

Il ne faut point, croyons-nous, chercher d’autre origine ;

1. « Les forces militaires de la majeure partie de la France ont été employées j« à une série de tentatives, sans cesse renouvelées, ayant pour but de débloquer j« Paris. Lorsqu’on arrive à l’étude de cette partie de la campagne, le prestige *« inouï qu’on voit Paris exercer sur la nation française frappe l’esprit d’éton- j

« nement ; on dirait vraiment que désormais la guerre n’a plus d’autre objet. j

« Nul ne songe à troubler les Allemands dans la possession des régions que tra- 1« versent leurs voies ferrées de communication, ou si l’on y songe par hasard, [« nul n’agit en conséquence. Paris est investi, il faut délivrer Paris : telle est« l’unique pensée qui domine tous les esprits, depuis le haut jusqu’en bas de

« l’échelle sociale. Cette idée fixe facilita et simplifia beaucoup la tâche des

« Allemands. Grâce à ce désir aveugle, la guerre se maintint, pendant des

« mois entiers, au grand avantage des Allemands, sur un terrain très limité.

« Ce ne fut qu’à la lin que, renonçant à l’espoir de dégager directement Paris.

« on essaya une entreprise d’un autre genre, la marche sur Belfort. Si elle eût« réussi, elle eût certainement reculé de beaucoup l'heure du dénouement.

<■ Le meilleur moyen de diviser les forces qui bloquaient Paris eût été d’em-« ployer foules les troupes dont on disposait à entraver les communications« des Allemands et à couper les chemins de fer qui les reliaient à l’Allemagne. *

(Lieutenant-général von Hanneken.)