PREMIÈRE CAMPAGNE DE L’EST.
153
des mesures étaient prises pour relier l’armée aux troupesdu général Garibaldi, qui gardaient la vallée de l’Ouche.Des corps francs étaient lancés en avant dans le massifde la Côte-d’Or et la forêt de Citeaux.
Abandon du théâtre d’opérations de l’Est. —
Mais, le 15 novembre, de nouvelles instructions, adres-sées par le Gouvernement au général Grouzat, modifiaientprofondément la situation. Le mouvement offensif de laII e armée àllèmande, si bien couvert et protégé pendanttoute sa durée par le XIV e corps, rendait nécessaire laprésence des forces de Chagny 1 2 sur le théâtre d’opérationsde la Loire*. En conséquence, Nevers était assigné commeobjectif définitif (sic) à l’armée de l’Est. Le général Crou-zat recevait l’ordre de détacher 15,000 hommes environ(5,000 hommes de troupes régulièrès et 10,000 hommesde garde mobile) sur Lyon pour en renforcer la garnison.Quant aux 40,000 hommes qui formaient le reste de l’ar-mée, l’ordre était donné de les embarquer en chemin defer et de les diriger sur Gien le plus rapidement possible.
Ces divers mouvements s’exécutaient en conséquence.L’armée de l’Est utilisait les deux voies ferrées d’Autun et
1. Voir la situation à l’appendice.
2. « Des considérations supérieures ne permirent pas de l’y laisser (le général
Crouzat à Chagny). Ses troupes étaient devenues nécessaires pour renforcerl’armée de la Loire. C’est le 16 novembre, non sans avoir pesé les consé-quences d’une telle résolution, que l’administration de la guerre fit procéder à1 évacuation de Chagny.
« Toutefois l’abandon de Chagny n’eut pas les conséquences fâcheuses qu’ilsredoutaient. L’ennemi, trompé par la hardiesse même du mouvement et aussipar la rapidité de l’exécution, n’en soupçonna pas le véritable objectif. Plustard quand il en eut connaissance, la concentration, opérée autour d’Orléans,lui parut assez menaçante pour qu’au lieu de descendre vers le midi, il jugeâtPlus prudent de remonter sur Tonnerre et Joigny. »
(De Freycinet, la Guerre en province, p. 107.)