reur, d’ailleurs, ne la désirait pas davantage, bienqu’il se trouvât de plus en plus isolé et que la diplo-matie autrichienne eût échoué dans ses efforts auprèsde la Pologne, que la crainte des Russes retenait plusque l’armistice de six ans conclu avec la Suède;auprès de la république de Venise et des Suisses,qui ne tenaient nullement à voir s’accroître la puis-sance de l’Autriche ; même auprès du pape Ur-bain VIII, qui, comme souverain temporel, redoutaitmoins la victoire de Gustave-Adolphe que celle deFerdinand. L’Espagne seule promit 300,000 ducats,mais ne se pressa pas de les payer : quel que fûtson bon vouloir, elle était tenue en respect par laFrance, avec laquelle elle se trouvait en contactimmédiat, et obligée de réserver ses ressources pourses propres besoins.
Ce n’était pas la première fois que l’Empereurdonnait des preuves de sa constance dans les reverset de sa patience à lasser la mauvaise fortune ; cepen-dant, il n’avait jamais traversé jusque-là de criseaussi grave, et, bien que la Bavière eût fini parrester avec lui, bien que la conduite équivoque del’électeur de Saxe présageât un revirement utile à sacause, sa situation semblait désespérée. Pour refaireune armée, il fallait de l’argent ; or, ses coffres étaientvides et ses peuples épuisés. Il n’avait pas non plusde général capable de se mesurer avec le roi deSuède, car, depuis la journée de Breitenfeld, Tillys’était montré au-dessous de sa réputation passée etavait perdu la confiance de son parti. Ferdinandsongeait, il est vrai, à se mettre lui-même à la têtedes troupes impériales; mais ses conseillers, doutant