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qu’avait conçu Waldstein d’amener le Roi à compo-sition sans courir les chances d’une défaite. Un mo-ment, pourtant, le duc de Friedland aurait pu secroire près d’arriver à ses fins, d’une manière inat-tendue, car pour la première fois dans l’armée deGustave-Adolphe, on put remarquer de véritablesferments d’indiscipline, et il y eut même parmi lesrégiments allemands, officiers compris, un commen-cement de révolte, dont les retards apportés au paye-ment de la solde furent le prétexte. Ce qui était dûfut payé, grâce à un emprunt fait à la ville de Nu-renberg; mais Gustave fit rentrer tout le mondedans le devoir en ordonnant quelques exemplessévères et en menaçant les Allemands de les fairemassacrer par ses Suédois. L’ordre rétabli, Gustaven’attendait plus pour agir que l’arrivée des renfortsen route pour le rejoindre, surveillant non sansinquiétude le duc de Friedland. Effectivement,Oxenstjerna approchait, et son armée, grossie succes-sivement par les corps rappelés de la Hesse, de laThuringe, de la Souabe et de la Bavière, comptaitde 36,000 à 40,000 hommes, lorsqu’il arriva le19 août à Windsheim, sur l’Aisch f' 1 ). Gustave setenait prêt à aller à sa rencontre et à s’opposer auxentreprises que Waldstein pourrait tenter pour empê-cher leur réunion. Mais le généralissime impérial ne
(*) Lee historiens diffèrent sensiblement sur ce point. LeTheatrum Europœum évalue la force de l’armée d’Oxenstjernaà 50,000 hommes; W. Harte, à 26,000; Gualdo Priorato, à18,000 seulement; le chiffre moyen auquel on a cru devoirs’arrêter est celui que donne Roese dans son Histoire de Bern-hard de Weimar, et que La Roche du Jarrys a égalementadopté.