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vers les frontières de Bohême, sous Gallas, le duc deFriedland n'avait plus guère avec lui que 24,000 à25,000 hommes, qu’il avait répartis dans des canton-nements assez étendus autour de Lützen. En avant, àWeissenfels, sur la route de Naumburg, se trouvaitdétaché le colonel comte Colloredo, chargé d’ob-server l’ennemi et d’avertir de son approche. Or, le15 novembre, dans la matinée, Waldstein entendit,non sans étonnement, retentir les trois coups decanon constituant le signal convenu, et apprit bientôtde Colloredo lui-même, obligé de se replier, quel’armée suédoise s’avançait tout entière et qu’elle étaitdéjà maîtresse de Weissenfels. Le premier soin dugénéralissime fut de dépêcher un courrier à Pappen-heim, qui ne devait pas se trouver encore à plus dedeux marches; après quoi, il envoya Isolani avec20 « cornettes » de Croates, pour disputer à l'ennemile passage de la Rippach, petite rivière tributaire dela Saale,qui coule entre Weissenfels et Lützen. Isolanine put que retarder un peu la marche de l’avant-garde suédoise, qui le refoula sur Lützen; toutefois,la nuit était déjà tombée lorsque les Suédois arri-vèrent devant cette ville. Malgré l’avis de ses géné-raux, qui voulaient attendre l’année saxonne, le Roidécida qu’on attaquerait le lendemain, au point dujour : en différant davantage, on aurait peut-être leconcours des Saxons; mais Waldstein aurait plussûrement celui de Pappenheim. De son côté, le ducde Friedland se hâta de rassembler et de disposer sescorps éparpillés. On rapporte qu’en entendant le bruitqui s’élevait du camp adverse, où régnait, en effet,la plus grande confusion, Gustave-Adolphe s’écria :