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IIÉKICOUHT, LA CLUSE.
Cependant le 15 e corps recevait l’ordre de se reporter surMeliun et Yierzon par Bourges. Le 26 décembre, la 2® divi-sion était au nord de Yierzon, après trois nuits passées aubivouac malgré la rigueur excessive du froid et l’éloigne-ment de l’ennemi. Mais un grand nombre de soldats se dis-persaient à la recherche d’un abri ; des officiers louaient deschambres à tout prix. Les chefs de corps, effrayés de voirleurs régiments fondre à vue d’œil, insistèrent auprès du gé-néral de division pour qu’il les fît cantonner, suivant les or-dres du ministre 1 . Il s’y décida enfin.
Sur les entrefaites, M. de Freycinet invitait le généralMartineau à maintenir une de ses divisions à Vierzon et lesdeux autres en seconde ligne à Bourges, qui resterait le«centre de la résistance 2 ». Martineau soulevait des objec-tions : Bourges lui semblait être « une souricière ». Le dé-légué se bornait à le prier de faire étudier la question 3 4 .
Malgré le repos relatif dont jouissait le 15 e corps, la désor-ganisation y faisait des progrès rapides, sous l’influence d’uncommandement insuffisant ; des grand’gardes établies aunord de Vierzon n’avaient même pas de sentinelles ; dessoldats revenant des distributions vendaient du pain, de l’a-voine, des effets. Quoiqu’on délivrât du bois aux troupes,elles coupaient quantité d’arbres fruitiers qu’il fallut payeraux habitants. Des soldats allaient à la chasse avec leursfusils, gaspillaient des cartouches et causaient des alertescontinuelles *.
Le 31 décembre, les avant-postes allemands s’étant rap-prochés, la 2 e division recevait l’ordre de cantonner plus aunord, vers Salbris, afin de mieux masquer le mouvement del’armée. C’est à ce moment que le ministre, modifiant ses pre-miers ordres, décidait de diriger le 15 e corps sur le bassin dela Saône. Pendant la première partie de ce transport, la 2'di-
1. Dumas, les Mobiles de Maine-et-Loire. M. de Freycinet renouvelait ercorecette recommandation le 26 décembre.
2. Télégramme du 25 décembre, 4 h 55 du soir.
3. Télégramme du 26 décembre, li h 25 du soir.
4. Grisot et Coulombon, Historique de la légion étrangère.