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Campagne de l'Est en 1870-1871 / Pierre Lehautcourt
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HÉRICOURT, LA CLUSE.

graphe, transporter en 36 heures le 15 e corps darmée, envi-ron 30,000 hommes avec son artillerie, de Vierzon il estactuellement, sur un point à déterminer de la ligne de Ve-soul ou de Montbéliard.

« Lordre pourra être donné dun moment à lautre, maisne le sera pas avant deux jours. Prière de vous concerteravec votre collègue de la compagnie intéressée qui reçoit pa-reille dépêche ; accusez réception. »

Cet ordre, conçu en termes très vagues, était dune exé-cution impossible. M. de Freycinet dut reconnaître ensuitequil sagissait, non pas de « 30,000 hommes, avec leur artil-lerie », mais de 35,000, 18 batteries et des convois 1 ; puis de35,000 et de 20 batteries 2 ; puis de 44,000 hommes 3 . Letemps minimum nécessaire à lembarquement des troupes età leur transport de Vierzon à Vesoul ou à Clerval (435 et445 kilomètres, dont moitié environ sur des lignes à voieunique) dépassait de beaucoup les trente-six heures accor-dées. Enfin le 15 e corps nétait pas concentré à Vierzon,comme lindiquait M. de Freycinet. Aussi ces premiers ordresdurent-ils être modifiés à plusieurs reprises, ce qui nem-pêcha pas le résultat obtenu dêtre fort au-dessous de ce quonattendait.

Le 1 er janvier (10 h 45 du matin) le ministre télégraphiait àM. Audibert que le transport commencerait le 3, à 6 heuresdu matin, et quil devrait être terminé le 4 dans la soirée.Le point de débarquement serait sans doute Clerval. Maisune première difficulté apparaissait aussitôt. Le viaduc ducanal, à Dijon, ne devait être rétabli que lo 4. Il fallait detoute nécessité retarder le départ du 15 e corps dun jour, sildevait être transporté à Clerval. Si, au contraire, son objectiffinal était entre Gray et Vesoul, on serait contraint dat-

" ). Télégramme (lu 1 er janvier, io h 45 du matin.

. 2. Télégramme du 1 er janvier, ll h 30 du soir.

3. Télégramme du 2 janvier, io b 25 du soir. En réalité, le 15 e corps avait eu32,000 liommes d'infanterie quelques jours auparavant. Mais des renforts étaientarrivés ; des traînards avaient rejoint. 11 comptait alors 43,000 hommes et7,ooo-chevaux, plus un convoi de 1,000 voitures et de 1,500 chevaux (J)osPallières, Orléans , p. 430).