Buch 
Campagne de l'Est en 1870-1871 / Pierre Lehautcourt
Entstehung
Seite
18
JPEG-Download
 

18 HÉRICOURT, LA CLÜSE.

à cœur de ménager un parti puissant, qui faisait du vieuxcondottiere une manière de porte-drapeau. Sur les entre-faites les francs-tireurs du Doubs et de Colmar, qui comp-taient à larmée des Vosges, entrèrent à Dijon (27 décembre).Cremer ne tardait pas à le suivre et Bordone semblait da-bord disposé à transporter à Dijon son quartier général.M. de Freycinet ly encourageait, se représentant comme« plein de confiance en pensant que la ligne de Dijon à Au-tun serait gardée avec vigueur 1 ». M. de Serres lui télégra-phiait le 28 : «... .Le Val-Suzon peut devenir rapidement,grâce à vous, une barrière infranchissable. »

Ainsi la Délégation paraissait borner à la garde de la ligneAutun-Dijon la tâche de larmée des Vosges. Bordone avaitun instant espéré de voir jouer à Garibaldi le rôle qui incom-bait maintenant à Bourbaki. Après avoir rêvé une grandediversion dans lEst, il se voyait réduit à garder les derrièresde la l re armée. Sa déception était grande. Pour la marquer,ce singulier chef détat-major ne trouva rien de mieux quede quitter larmée et de se rendre à Avignon. Pendant huitou dix jours il resta éloigné dAutun, au moment mêmeGaribaldi eût se conformer au mouvement de Bourbakiet gagner Dijon 2 . DAvignon il adressait à la Délégation desdépêches indignées, réclamant des réparations pour de pré-tendus manques dégards. Avec une patience sans égale,M. de Freycinet se bornait à répondre : « Jignore quelleréparation vous attendez de moi ; mais, si vous avez vouluprouver lutilité militaire de votre personne et si vous navezpas craint de faire cette preuve au détriment des intérêts dev«tre pays, je men affligerai sincèrement pour vous, que jecroyais incapable dun pareil calcul.

«La France, colonel, doit passer avant les rivalités depersonnes. Je mattends (sic) que vous allez retourner dur-

1 . Bordone, Garibaldi et larmée des Fosijps. Récit officiel de la campagne,p. 264.

2. Télégramme de l'ingénieur Gauckler à M. deSerres, 2 janvier, 3 b 16 du soir:«Bordone absent depuis huit jours; il rentrera probablement ce soir. Len-nemi semble se diriger sur Autun-Saulieu. »