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HÉEICOUET, LA CLUSE.
Arrêtez donc avec Bordone un plan de coopération très pré-cis, que vous ferez connaître à la fois à Bourbaki et à moi....Il serait bon, pour prévenir tout malentendu ultérieur, quele plan arrêté avec Bordone fût résumé par écrit et que cha-cun de vous deux en eût un exemplaire 1 ».
Ainsi, le 6 janvier, trois jours avant Villersexel, la Délé-gation et Garibaldi ne s’entendaient pas encore au sujet durôle réservé à l’armée des Vosges. A la même date, l’état-major allemand venait de décider la formation de l’armée duSud et son envoi dans le bassin de la Saône. Il ne restait plusun instant à perdre pour couvrir les derrières de Bourbaki.Pourtant M. de Serres ne se rendit pas à Autun et aucun« plan de coopération » ne fut arrêté pour l’armée des Vosges.Plus que jamais celle-ci restait subordonnée à Bordone. L’é-tat de santé de son chef le rendait incapable d’exercer uncommandement réel : « .... Garibaldi a eu une attaque derhumatisme goutteux qui a mis sa vie en danger; il ne peutplus marcher, ses facultés sont affaiblies, son initiative dispa-rue ; il est à la merci de son entourage italien qui vaut trèspeu, surtout son gendre et Lobbia_Quand Bordone est ab-
sent, cet entourage commet, au nom de Garibaldi, des inep-ties et des turpitudes qui désorganisent et démoralisent l’ar-mée. Il semble qu’il y ait parti pris de ne pas agir.. .. Lemieux serait que Garibaldi renonçât à une partie que sonétat le rend incapable de jouer ou qu’un commissaire, munide pouvoirs suffisants, vienne nettoyer l’armée et veiller àl’ordre 2 . »
Garibaldi était donc un nom, une raison sociale, derrière
1. Télégramme de M. de Freycinet à M. de Serres (6 janvier, li h 30 du ma-tin). A la même date, le Délégué prescrivait aux généraux de Pointe et Ma-zure, sur la demande de Bourbaki, d'occuper le plus possible l'ennemi danstoute l’étendue de leur commandement. Il demandait au premier do fairecouper le chemin de fer entre Sens et Tonnerre (Télégrammes du G, midi et4 h i0 du soir).
Enfin le G, à 3 h 20 du soir, M. de Freycinet demandait à Bordone de trans-porter son quartier général à Bligny-sur-Ouche et môme plus avant au nord-est. Il lui rappelait que, à ses yeux, la mission de Garibaldi avait toujours étéde couvrir Dijon.
2 . Télégramme de l’ingénieur Gauckler à Gambetta, 6 janvier, 3 heures du soir.