CHAPITRE III
INACTION DE L’ARMÉE DE L’EST
Bourbaki après Villersexel. — Inaction de l’armée. — Bourbaki est informé du mouve-ment de Manteuffel. — Dispositions pour le 13 janvier. — Nouvelles alarmantes venuesde l’ouest. — Nouveaux, ordres pour le 12 janvier. — Le corps Werder s’établit sur laLisaine.
Vis-à-vis de la Délégation, Bourbaki représentait le com-bat de Villersexel comme une victoire. «Le général Billot aoccupé Espreîs et s’y est maintenu», écrivait-il en fardantquelque peu la vérité, puisque le 18 e corps n’avait pas étéattaqué dans Esprels et qu’au contraire il n’avait pu délogerl’ennemi de Moimay. Il ajoutait : « Le général Clinchant aenlevé avec un entrain remarquable Villersexel », assertionnon moins inexacte, car la division Penhoat, du 18 e corps,avait surtout porté le poids de la lutte. En réalité, le combatde Villersexel n’avait eu pour les Allemands d’autre but quede masquer leur mouvement vers l’est et ils y réussirentpleinement. Ainsi, quoique le terrain de l’action nous fûtresté, le succès réel était pour l’ennemi, qui y gagnait depouvoir accomplir ses desseins en apportant une grave per-turbation dans les nôtres 1 2 . Un écliec tactique fut pour luiune victoire sur l’échiquier stratégique.
Bourbaki et M. de Serres s’accordaient à croire que Wer-der reprendrait l’offensive le 10 janvier, et ils arrêtèrent encommun les mesures nécessaires. Au lieu de mettre sa vic-toire à profit pour troubler la retraite des Allemands, l’arméese concentrerait davantage autour de Villersexel et se préjia-rerait à y livrer une bataille défensive. M. de Serres télégra-phiait à M. de Freycinet 3 : «J’ai étudié cette nuit avec legénéral Bourbaki toutes les mesures nécessaires pour prépa-
1. MoUlta, la Guerre de 1S70, traduction Jæglé, p. 403.
2 . 10 janvier, l h 40 du soir.