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HÉRICOURT, LA CLUSE.
s’en greffer une seconde : le 20 e corps « balaierait » Saulnotet ses environs, de façon à couvrir la gauche du 24 e corps.Il tiendrait ses réserves vers Crevans, prêtes à soutenir cedernier, et le 18 e corps appuierait au besoin à droite pour seconformer au mouvement du 20°. Quant aux fractions du15 e corps qui n’avaient pas encore rejoint, elles se porteraientsur Sainte-Marie par Médière, Beutal, Montenois ; l’artilleriede réserve de ce corps d’armée suivrait la route de l’Isle àArcey.
Get ordre se terminait par une recommandation significa-tive : on ferait dans la soirée et la nuit suivante des épaule-ments et des tranchées pour couvrir l’artillerie et l’infan-terie.
Ainsi, non seulement Bourbaki allait mettre en mouvementcinq divisions d’infanterie, appuyées à distance par deuxcorps d’armée, pour déloger d’Arcey cinq bataillons, deuxescadrons et dix pièces, mais il faisait prendre des disposi-tions défensives sur tout son front, au risque de diminuerencore la confiance, déjà si faible, de ses troupes en elles-mêmes. Il était difficile d’obéir à de plus fâcheuses inspira-tions. Le général en chef s’attendait déjà, nous l’avons vu,à ce que l’ennemi fît front sur la Lisaine. Dès lors quelleimportance pouvait avoir la position d’Arcey ? 11 suffisaitpour la faire tomber entre nos mains de hâter le mouvementde l’une de nos ailes. Bredow n’aurait pu rester en flècheentre nos colonnes. Les dispositions prises pour le combatd’Arcey sont donc un nouveau témoignage de l’irrésolution,du défaut d’entrain de Bourbaki, défauts graves dont la con-tagion devait nécessairement s’étendre à l’armée entière.
Cependant l’ennemi n’imitait pas notre immobilité aprèsle combat de Yillersexel. Dès les premières heures du 10 jan-vier, Werder concentrait le XIV e corps à Aillevans et Lon-gevelle, dans la prévision d’une attaque 1 . Il était décidé à
1 . D'après v. der Wengen ( Allgemeine Militar-Zeitung, 1895, p. 459), vers7 heures du malin, l’arrière-garde allemande fut surprise dans Saint-Sulpicepar un fort essaim de tirailleurs, ce qui amena la concentration de la divisionSchmeling sur les hauteurs de Villafans.
Loos (Zur Geschichte des I. Rheinischen Infanterie-Regimenls, N° 25), fait