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HÉRICOURT, LA CLUSE.
le Vernoy, au bois du Mont. Le 20° corps s’établirait à lagauche du 24 e , dans les « meilleures positions militaires », etoccuperait les bois de Saulnot. Enfin le 18 e corps concourraità cette occupation, en s’étendant par sa gauche jusqu’à laroute de Lure à Héricourt, du côté de Béverne. On pousse-rait la poursuite aussi loin que possible, mais sans abandon-ner ces positions. Enfin on ferait connaître si les ressourcesen vivres et munitions permettraient de marcher sur Héri-court le 14. Bourbaki laissait prévoir que, dans cette nouvelleopération, le principal rôle reviendrait au 18 e corps 1 .
A bien lire cet ordre, on voit les hésitations, les incertitu-des de Bourbaki, quoique jusqu’alors la fortune eût semblélui sourire. Contre toute vraisemblance, il redoutait un mou-vement de l’ennemi sur sa droite ou ses derrières, et les dis-positions qu’il faisait prendre au 15 e corps avaient un caractèrenettement défensif, bien propre à paralyser notre élan. Ungénéral pénétré de la nécessité d’une victoire n’eût pas ré-clamé de ses lieutenants les renseignements que Bourbakileur demandait au sujet des vivres et des munitions. Ce n’estpoint là le ton habituel du commandement, et il était d’autantmoins de mise que, pour l’armée de l’Est, il fallait marchervite sous peine de destruction prochaine. Une défaite surla Lisaine équivalait à la retraite immédiate, et Bourbakisavait une armée prussienne en marche vers la Saône !
Cependant le 24 e corps dépassait Désandans et le Vernoy.Se voyant débordé à droite, le colonel v. Loos se retirait surTavey où il prenait position vers 4 h 30. Il n’était pas pour-suivi ; des patrouilles se montraient seulement derrière lui;la brigade v. der Goltz occupait Couthenans (5 heures) à sahauteur. Ces deux combats coûtaient à l’ennemi 250 hommesdont quelques prisonniers. Nos pertes étaient à peu près équi-valentes. Quoique l’ennemi eût été délogé de toutes ses po-
1. Ces instructions, remarquables à plus d’un titre, furent envoyées au chefd’état-major général Borel, avec ordre de les faire communiquer aux intéressés{ Enquête , tome Vf, p. 193, déposition Leperche). D’après M. d’Eichthal, Bour-baki aurait envoyé son chef d’état-major général porter au général Carré deBusserolle l’ordre de déborder Arcey par la gauche. Ces détails montrent àquel rôle était réduit le général Borel.