2
NUITS, VILLERSEXEL.
quelques précautions sur les deux rives du Rhin. Des gardesmobiles, qui avaient passé ce fleuve à Bellingen, ayant foulépendant quelques instants le sol allemand, le bruit courut que5,000 francs-tireurs venus de Lyon allaient se réunir auxouvriers de Mulhouse laissés sans ressources par le chômage,pour tenter avec eux une incursion dans le grand-duché deBade. De Kelil, le général v. Werder dirigea sur le Brisgauun petit détachement de toutes armes emprunté aux troupesqui assiégeaient Strasbourg (31 août), et qui fut ensuite ren-forcé par les soins du ministère de la guerre badois. Puis desescarmouches contre nos francs-tireurs s’étant produites dansla Haute-Alsace, l’état-major du roi de Prusse prescrivit àWerder de porter dans toute cette région des colonnes mo-biles chargées de désarmer les habitants (9 septembre). Parsuite, une brigade constituée à Mülheim sous les ordres dugénéral Keller fut dirigée sur Colmar et Mulhouse. Elleentra sans combat dans ces deux villes (14 et 16 septembre),détruisit la ligne ferrée de Belfort à Mulhouse et le pont del’Ill, puis se replia vers le nord suivant les ordres de Werder.Elle laissait le champ libre aux partisans sortis de nos placesde la Haute-Alsace ; ils la rendirent bientôt impraticable auxpetits détachements de nos adversaires.
Cependant, à l’ouest des Vosges, une petite colonne déta-chée par Werder sous les ordres du major v. Elern opéraitvers Blamont et Badonviller, non sans combattre à la Pierre-Percée et à Raon-l’Etape (23 et 27 septembre).
Mais ces premières mesures parurent insuffisantes à l’état-major du roi de Prusse, En attendant que la prise de Stras-bourg lui permît de disposer du corps de siège, il forma dansle grand-duché une 4 e division de réserve commandée par legénéral v. Schmeling. Elle devait passer le Rhin, occuper laHaute-Alsace, assiéger Schlestadt et Neuf-Brisacli ; en mêmetemps elle observerait Belfort.
Malgré l’extrême pénurie à laquelle nous avaient réduitsles défaites d’août 1870 et surtout le désastre de Sedan, legouvernement de la Défense nationale songeait déjà à me-nacer les communications de l’ennemi. La preuve en ressort