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CHAPITRE II
ARRIVEE DE GARIBALDr A DOLE
Le général Garibaldi. — Bordone. — Arrivée de Garibaldi en Frauce. — La Délégationet Garibaldi. — Garibaldi et Cambriels.
On sait quel rôle le général Garibaldi a joué dans l’histoirede son pays et dans celle de l’Amérique espagnole. A 27 ans,en 1834, il était condamné à mort par contumace, pour avoirpris part à un complot contre le roi Charles-Albert. Il quittala Sardaigne et se rendit à Montevideo, où il intervint active-ment dans les guerres entre son pays d’adoption et le Brésil,puis entre la République du Rio-Grande et les Impériauxbrésiliens. Ce milieu lui était inconnu; il sut pourtant y dé-ployer une audace extrême, un fond d’ingéniosité toujoursrenouvelé ; il se tira constamment des situations les plus diffi-ciles. Le blocus de Montevideo, qu’il défendit glorieusement,ne dura pas moins de six années 1 .
En juillet 1848, il débarquait à Gênes, prenait part à laguerre contre l’Autriche, puis défendait Rome attaquée parle corps du général Oudinot (1849). Echappé avec peine auxAutrichiens, il repartit pour l’Amérique, mais ne tarda pasà s’installer, cette fois définitivement, sur l’îlot rocheux au-quel son nom devait rester attaché (1855).
Au début de la guerre d’Italie (mars 1859), il forma uncorps de volontaires ; ses chasseurs des Alpes, qui opérèrentà l’extrême gauche des armées alliées, rendirent des services.A la fin de la campagne, Victor-Emmanuel voulut lui donner
1. A ce moment Garibaldi ne portait pas encore au clergé de toute religionla haine singulière dont il l'iionorait en 1870. il écrivait au nonce du pape àMontevideo ( 1 84,7) : « Or donc, si des bras qui ont quelque pratique du manie-ment des armes sont agréables à Sa Sainteté, il est inutile de dire que nousnous consacrerons, avec une plus grande joie que jamais, à celui qui a tant
fait pour la patrie et pour l’Église-» Il faut dire que lo pape, lui aussi,
avait grandement changé d’opinions depuis 1847.