32
NUITS, VILLERSEXEL.
porteraient sur Dijon. Enfin, Langres tenterait une diver-sion.
A défaut de cette opération, on pourrait aussi diriger l’ar-mée de l’Est sur Chagny, puis sur Dijon, après l’avoir ren-forcée des troupes du colonel Bonnet, pendant que Garibaldiirait de Dole vers Auxonne'.
Mais ces projets ne cadraient pas avec les intentions ac-tuelles de la Délégation ; elle songeait beaucoup plus à ren-forcer l’armée de la Loire qu’à prendre l’offensive sur laSaône. D’ailleurs, Michel exagérait de plus en plus la notede ses inquiétudes. Il allait jusqu’à craindre de ne pouvoirquitter Besançon en temps opportun. Il lui faudrait cinqheures pour traverser la ville, et les Allemands étaient,croyait-il, à dix kilomètres. Il pourrait y être canonné pen-dant le défilé des troupes, malgré l’artillerie de l’enceinteet des forts * 2 . Aussi insistait-il de nouveau (5 et 6 novembre),pour obtenir l’ordre de la retraite, qu’il ne voulait pas donnersous sa propre responsabilité. En dépit des instructions siclaires du ministre, il en sollicitait de nouvelles.
Avec grande raison, M. de Freycinet coupa court à cettecorrespondance, en l’invitant à se rendre sans délai près delui, afin de développer ses projets. C’était un rappel à peinedéguisé, mais le général ne parut pas comprendre que saplace n’était plus à la tête de l’armée, et le Délégué dut luiintimer à plusieurs reprises l’ordre de se rendre à Tours,après avoir laissé le commandement à Crouzat 3 .
En même temps (7 novembre), le ministre informait Gari-baldi de sa résolution d’abandonner le Jura; il lui donnaitmission de défendre le Morvan en s’appuyant au colonelBonnet, à Chagny. Il le priait enfin de se concerter avec
3. Rapport du général Crouzat au général Michel, 5 novembre (Dumas).
Sb Lettre au ministre, 5 novembre.
3. Télégrammes des 7 et 8 novembre. L’intention du général Michel étaitde se rotirer non sur Chagny, mais sur Lons-lc-Saulnier, c’est-à-dire sur Lyon.Le 4 novembre, le sous-intendant de Lons-le-Sauluier recevait une dépêchelui annonçant l’arrivée de Besançon, pour le 7, de 25,000 à 30,000 hommes,avec 2,ooo chevaux [Enquête» tome III, p. 236). — Le général Michel reprit lecommandement de la cavalerie du 16 e corps.