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Campagne de l'Est en 1870-1871 / Pierre Lehautcourt
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CROUZAT SE PORTE SUR GIEN.

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tative sur Auxonne. Mais on constata que cette place ne pou-vait être prise par un coup de main. On ne parvenait pasdavantage à couper le chemin de fer de Besançon à Lons-le-Saulnier.

Le 14 novembre, le gros du XIV e corps était concentré versDijon ; lun de ses détachements semparait de Saint-Jean-de-Losne, après une escarmouche; Wcrder pouvait donnersuite à ses projets doffensive. Des difficultés dexécution lyfirent renoncer. La Côte-dOr, avec ses collines isolées àflancs abrupts, couronnées par des villages qui forment au-tant de citadelles naturelles, lui parut dune défense tropfacile. En outre, il eût été nécessaire de consacrer deuxbrigades à garder Dijon, à observer Besançon, Auxonne etLangres. Les deux autres nauraient sans doute pas suffipour marcher sur Chagny.

Cest ainsi que Werder ajourna de nouveau cette opéra-tion jusquà larrivée de la 4 e division de réserve. Celle-ciavait été rendue disponible, le 10, par la capitulation deNeuf-Brisach. Elle marchait alors vers la Saône, après avoirlaissé un détachement seulement au corps dinvestissementde Belfort 1 . Les troupes de Werder continuaient donc à de-meurer à peu près inactives, et cette situation allait se pro-longer durant quelques jours.

De notre côté, nous gardions la même attitude. Le colonelBonnet ayant proposé une attaque concentrique sur Dijon,qui serait exécutée à la fois par Crouzat, par lui et par lar-mée des Vosges, M. de Freycinet parut approuver ce projetet le communiqua à Crouzat. Mais celui-ci préférait acheverlorganisation de ses troupes que de risquer de les compro-mettre. Dailleurs, il craignait lui-même (13 novembre) unemarche de lennemi vers Lyon par la rive est de la Saône etse proposait de se porter à Chalon, si le fait était vérifié 2 .Puis, sur la nouvelle que Dijon était à peu près évacué parlennemi, le ministre lautorisait à réoccuper cette ville, sil

1. Lôlilein.

2. Télégramme au ministre.