CROUZAT SE PORTE SUR GIEN.
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tative sur Auxonne. Mais on constata que cette place ne pou-vait être prise par un coup de main. On ne parvenait pasdavantage à couper le chemin de fer de Besançon à Lons-le-Saulnier.
Le 14 novembre, le gros du XIV e corps était concentré versDijon ; l’un de ses détachements s’emparait de Saint-Jean-de-Losne, après une escarmouche; Wcrder pouvait donnersuite à ses projets d’offensive. Des difficultés d’exécution l’yfirent renoncer. La Côte-d’Or, avec ses collines isolées àflancs abrupts, couronnées par des villages qui forment au-tant de citadelles naturelles, lui parut d’une défense tropfacile. En outre, il eût été nécessaire de consacrer deuxbrigades à garder Dijon, à observer Besançon, Auxonne etLangres. Les deux autres n’auraient sans doute pas suffipour marcher sur Chagny.
C’est ainsi que Werder ajourna de nouveau cette opéra-tion jusqu’à l’arrivée de la 4 e division de réserve. Celle-ciavait été rendue disponible, le 10, par la capitulation deNeuf-Brisach. Elle marchait alors vers la Saône, après avoirlaissé un détachement seulement au corps d’investissementde Belfort 1 . Les troupes de Werder continuaient donc à de-meurer à peu près inactives, et cette situation allait se pro-longer durant quelques jours.
De notre côté, nous gardions la même attitude. Le colonelBonnet ayant proposé une attaque concentrique sur Dijon,qui serait exécutée à la fois par Crouzat, par lui et par l’ar-mée des Vosges, M. de Freycinet parut approuver ce projetet le communiqua à Crouzat. Mais celui-ci préférait acheverl’organisation de ses troupes que de risquer de les compro-mettre. D’ailleurs, il craignait lui-même (13 novembre) unemarche de l’ennemi vers Lyon par la rive est de la Saône etse proposait de se porter à Chalon, si le fait était vérifié 2 .Puis, sur la nouvelle que Dijon était à peu près évacué parl’ennemi, le ministre l’autorisait à réoccuper cette ville, s’il
1. Lôlilein.
2. Télégramme au ministre.