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RETRAITE DE LA l re ARMEE SUR BOURGES.
véritable émeute; même des officiers le menacèrent de mort.Il fallut recourir à la force pour le protéger. Cette évacuationn’était pas terminée quand survint une nouvelle cohue :c’était la 3° division du 15 e corps et les convois qu’elle escor-tait. Peu après le bruit courut que les Allemands étaient envue. Aussitôt la gare se vida : personnel et matériel prirentla direction de Bourges. Quant à la ville, il n’y restait lelendemain matin (8 décembre) que des voitures de vivresdéjà pillées par les maraudeurs ou par leurs conducteurseux-mêmes. Le commandant Laurent ne crut pas devoir semaintenir davantage à Vierzon ou même au sud, derrière leCher. Il marcha sur Mehun, puis sur Bourges (8 décembre).Ainsi nous abandonnions à l’ennemi, sans brûler une amorce,l’importante gare de Vierzon et la route directe d’Orléans àBourges '.
Aux 18' et 20 e corps les choses n’allaient pas mieux. Dansla matinée du 7, Bourbaki adressait au ministre un télé-gramme où l’idée de la retraite était, pour la première fois,nettement affirmée. Pour lui, il y avait lieu de se retirer sansretard sur Bourges ou sur Nevers par la rive gauche de laLoire, après avoir fait sauter le pont de Gien. Alors seule-ment on parviendrait à réorganiser les troupes, à leur donnerun repos indispensable et à éviter un désastre 1 2 .
Bien que ce programme fût loin de satisfaire le Délégué,il crut devoir l’accepter, du moins pour l’instant. Il autorisaBourbaki à replier ses troupes vers le sud de façon à couvrirBourges et Nevers; le 18 e corps passerait sur la rive gauchede la Loire, dès que le général le jugerait nécessaire. EnfinM. de Freycinet confirmait le passage du 20 e corps sous lesordres de Bourbaki. « Une fois que vous aurez tout réunisous votre main, je compte que vous serez réellement prêtpour une action décisive », ajoutait-il 3 .
1. Dans la journée du 7, (les Palliéres prescri'it de suspendre l’évacualionde Vierzon, le 15 e corps devant s’y rendre. Ce détail, lire du rapport du com-maudant Laurent, montre la succession des projets de des Palliéres. 11 prescritd’abord la retraite sur Vierzon, puis sur Aubigny.
2 . D’Eichthal, p. 145.
3. Télégramme du 7 décembre, <> h i5 soir.