CHAPITRE XVI
LE COMMANDEMENT DE L’ARMEE
Organisation du commandement. — M. de Serres. — Bourbaki. — Hostilitéde M. de Freycinet. — Le colonel Leperche et le général Borel.
Avant même les débuts de l’expédition, les difficultéss’amoncelèrent devant Bourbaki : M. de Freycinet et Gam-betta n’étaient pas d’accord au sujet des pouvoirs à lui ac-corder. Ainsi le Délégué demandait au ministre de déciderque nos forces de l’Est formeraient trois groupes distincts,chacun soumis à une direction différente. La l re armée seuleaurait été sous les ordres de Bourbaki; l’armée des Vosgeset la division Cremer sous ceux de Garibaldi ; enfin lestroupes de Lyon, la garnison de Besançon et les détache-ments tirés des places de la région sous ceux de Bressolles.
Pour remédier à cette dispersion de l’autorité, source as-surée de conflits et de difficultés sans nombre, M. de Freyci-net imaginait de réunir ces trois groupes sous la directionsuprême de Bourbaki, mais seulement lorsque ce dernier lejugerait utile. « Il est bien entendu, ajoutait-il, que je nesépare pas dans ma pensée Bourbaki de son état-major re-présenté par Borel et actuellement renforcé par de Serres.
« Je crois que vous n’aurez nulle difficulté à faire acceptercette subordination éventuelle à Bressolles. Q.uant à Gari-baldi, je crois que vous la lui ferez accepter également, enla décorant du nom de coopération et en mettant en avantles nécessités stratégiques h ...»
Cette curieuse dépêche montre combien la Délégationavait peine à admettre les situations nettes, positives en ma-tière de commandement. Que signifiait cette laborieuse com-
1 . Télégramme do M. de Freycinet à Gambetta, Lyon, et de Serres, Nevers,21 décembre, 3 h 55 soir ( Enquête , tome III, p. 252).