CONTINUATION DU MOUVEMENT DE l’aUMÉE. 187
faut, plus que jamais, coordonner et préciser nos mouvements,avoir de la suite, ne jamais marcher à l’aventure, mais sa-voir à toute heure où nous en sommes et ce que nous voulons.Je ne saurais trop exiger de vous dans l’accomplissement dela tâche qui vous est confiée, et qui exige de votre part autantde confiance que de hardiesse et de mobilité, et j’y compte aunom du Gouvernement tout entier. J’ai remarqué avec unepénible surprise le vague de certaines de vos dépêches;ainsi, dans votre dépêche de minuit, vous dites : le généralCremer, qui couche ce soir entre Champlitte et Dijon, rétro-gradera sur cette dernière ville, pour concourir à la défense,s’il est nécessaire.... C’est à vous, général en chef, de dé-cider de telles questions.... 1 »
Ce que cette singulière dépêche a de plus surprenant,ce n’est pas que Gambetta l’ait signée, c’est que le généralBourbaki l’ait reçue sans des protestations indignées. En celail dépassa certainement ce qu’exigeaient son habituelle ab-négation et son dévouement au pays. Il se borna, en effet,à rappeler ce qui avait été convenu entre le ministre et lui,avant leur départ de Bourges. Il fallait, tout d’abord, faireévacuer Dijon, Gray, Vesoul et lever le siège de Belfort;puis, chercher à couper par Epinal les communications del’ennemi ou marcher sur Langres et Chaumont. Ses idéesn’avaient pas changé depuis lors.
Quant à ses opérations prochaines, le général en donnaitl’aperçu suivant. Le 18 e corps suivait, le 3, la route de Pes-mes à Vesoul, pour aller s’établir près de Bonboillon. Le 20'allait de Marnay sur Voray, et gagnait la route de Besan-çon à Vesoul ; il passerait la nuit vers Etuz. Le 24 e quitteraitBesançon pour s’établir entre Corcelles et Scey-la-Tour. Sil’état des routes le permettait, le 18° corps serait le 5 janvierentre Mailly et Grandvelle, le 20° à Échenoz-le-Sec, le 24'au nord de Montbozon et à Esprels. Si le 15 e corps débar-quait à Besançon en temps opportun, il recevrait mission demenacer Montbéliard ou d’appuyer directement l’attaque de
i. Télégramme du B, a h 20 soir.