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jp f^ m 11 de trente années d’application à l’étude de fArchitecturej peuvent donner quelque expérience, j’ai lieu de croire que le
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Public recevra favorablement les dissertations que je présentsici fur un Art si. universellement utile. Je conçois que feutre-prise est hardie, mais ayant senti plus d’une fois la nécessité d unpareil ouvrage pour nos jeunes Architectes, j’ai cru pouvoir passer par des-sus la crainte que je dois avoir de ne pas remplir ïattente des hommes éclai-rés en .traitant une matière aussi étendue Sc si sujette à la diversité des opi-nions.
D’un autre côté je me fuis rassuré par f accueil qu a reçu mon Traité dela Décoration des Edifices - mis au jour en 1737, me trouvant Tailleursexcité Sc encouragé à ce nouveau travail par plusieurs personnes d’un mé-rite véritablement reconnu, Sc qui m’honorent de leur amitié. Je me luismême fait un devoir en qualité de Citoyen d’ofFrir à ceux qui veulent faireleur profession des beaux arts, le fruit d un travail assidu Sc les observationsque j’ai eu occasion de faire depuis un tems assez considérable , en exami-nant par état nos plus beaux Edifices en France, avec un esprit non préve-nu. De plus je trouve occasion par là de rendre en quelque forte compteau public des principes que j’ai enseignés depuis quinze ans, tant dans mesleçons publiques que particulières, Sc que j’avoue avoir puisé dans leursource chez nos meilleurs Auteurs qui ont écrit fur l’Architecture depuisson origine jusques à présent.
Je conviens même avoir emprunté de ces Ecrivains tout ce qui regardefhistoire de cet Art, dont je ne donne ici que ce qui ma paru le plus in-téressant Sc le plus utile aux personnes pour lesquelles ce Recueil sembleêtre fait, me contentant de les citer le plus souvent fans y renvoyer, tantà cause de la quantité des Editions de ces Ouvrages, dont la plupart fontécrits dans une langue étrangère, que parce qu’il n'appartient qu aux hom-mes aisés & lettrés d’avoir recours aux Livres originaux. Ainsi on ne trou-vera de moi ici que des observations que je me fuis permis d’autant plusvolontiers qu’il paroissoit nécessaire de suppléer au silence que la plupartdes Architectes du dernier siécle ont gardé touchant leur maniéré de pen-ser sur la diversité des proportions de l’Architecture.