à
- A l
ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. I.
Des l'er■ r-ons.
Di/tribu-tìondesde-hors d’unédifice.
.Fontaine de ia rue de Grenelle , & le Dôme des Invalides, à Paris , font au-deífusde tous les autres monumens de cette Capitale , quoiqu’elle en renferme un grandv nombre de beaucoup plus somptueux par leur étendue & leur magnificence.
Il est encore une sorte d’Efcaiier , que l'on appelle Perrons ( b ) , qui font tou-jours à découvert, & placés dans les dehors d’un bâtiment. Ces Perrons íe font dedifférentes formes Sc grandeurs , félon i’eípace Sc la hauteur où ils doivent arriver ;-de maniéré qu'on les fait quartes, ceintrés, à pans, doubles, âc. On appelle Perrons-quartes ceux qui font d’équerre, comme àiaSorbonne, au Val de Grâce, àMarly,&c.
Les ceintrés font ceux dont les marches font rondes ou ovales. Il y en a dont-tine partie des marches est en dehors Sc l’autre en dedans, ce qui forme un palliercirculaire, comme il s’en voit dans les jardins du Belvedere, à Rome ; quelques-uns ont des pailiers ovales , comme au jardin du Luxembourg , à Paris.
Les Perrons à pans, font ceux dont les encoignures font coupées, tel est celuidu Portail du Coliege des Quatre Nations.
Les Perrons doubles , font ceux qui ont deux rampes égales qui arrivent à unmême pallier , tel est celui du C apitoie ; ou qui ont deux rampes opposées , pourarriver à deux pailiers , on en voit un pareil dans la cour des Fontaines, à Fontaine-bleau. Il en est d’autres qui ont ces deux dispositions, tel que celui du Châteauneuf de St. Germain , du dessein de Guillaume Marchand , Architecte de Henry IV.«Sc ceux du jardin des Thuilleries, de le Nautre. L’ufage de ces derniers est fort an-cien , car au rapport de Délandes, dans son Livre des Beautés de la Perse , on voitencore les vestiges d’un Perron de cette eípece, parmi les ruines de Tchelminar ,près Schiras, dans le même Royaume.
Après avoir parlé des ioix générales de la distribution concernant l’intérieurd’un Edifice, ce feroit ici le lieu de dire quelque chose touchant la distributiondes dehors, qui regarde l’arrangement des avant-Cours, des Cours principales ,des baffes Cours, Sc des bâtimens qui les environnent , auffi bien que la distribu-tion intérieure de ces mêmes bâtimens, dans lesquels sont comprises les Ecuries,les Remises, les Cuisines, les Offices, les Orangeries, les Appartemens des Bains,les Chenils, les Laiteries, les Ménageries, Scc. Mais comme ce que nous avons àdire fur fordonnance de ces diffèrens lieux Sc leur rapport avec tout l'Edifice ,demande des figures qui peignent aux yeux beaucoup mieux que la spéculation laplus étudiée , nous nous réservons à parler de l’accord général de ces parties Scde leur application en particulier , loríque nous ferons la description de toutes lesefpeces de bâtimens qui composent le V e Sc le VI e volume de ce Recueil, Sc nousallons traiter d’une maniéré générale de la distribution qui appartient aux Jardinsde propreté ; cette partie de í’Architecture ayant une relation assez intime avec ladistribution intérieure des Edifices.
Je dirai feulement a propos des baíses-cours Sc de leurs bâtimens , que la con-venance doit y présider, comme par-tout ailleurs ; c'est-à-dire , qu’indépendammentdes différentes commodités relatives à l'ufage de chacun en particulier, il fautles traiter avec plus ou moins de richesse, ou de simplicité, selon qu'ils font plusou moins partie de fordonnance générale de l’Edifice. Car il n’y a point de douteque lorsque ces bâtimens se trouvent situés en aile le long des avant-cours , ou qu’ilsfervent d’avenue au Château, il est à propos qu’ils se ressentent de la présence desmaîtres , au lieu que loríqu’ils sont enfermés par des murs de clôture , la simétrie leursuffit ; considération œconomique , qui doit porter l’Arcsiitecte à distribuer son plansuivant i’importance , ou la fortune de celui pour lequel il bâtit.
O Perron , en latin sodium & fuggejìum.
Principes
I