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ARCHITECTURE FRANÇOISE,'Liv. I.
SBeseóion- fe qui approchât de f antiquité ; Sc dans l’Egliíe de 8te. Marie in Capitelli i bâtie&-ues4soiees. p ar p^ainaldi. Du moins celles qu'o n à élevées à St. Salvator in Lauro ) bâti par'Octavien Mascherini , qui les a engagées d'un tiers, Sc celles des quatre Chapellesau dôme des Invalides, font plus supportables, mais elles n'égalent pas les co-lonnes du Panthéon qui font un meilleur effet, non-feìilement parce qu'elles fontemployées dans un lieu valse, mais parce quelles portent i’entablement qui ré-gne au pourtour de la rotonde , fans interrompre l'efpace qui lui est destiné. IIfaut néanmoins convenir qu’il vaut mieux en user comme on a fait au Vatican,i 1 où le grand Ordre Corinthien est de pilastres, & dont fentablement devient l’im-
r poste d’une voûte de onze toises trois pieds ; considération qui doit faire pré-
sumer que si dans une si grande ordonnance on les a omis, à plus forte raisondoit-on les éviter dans un lieu d'un moindre espace, 6t les supprimer dans uneChapelle , qui n’a d’apparence 6c de grandeur réelle, qu'autant qu'il y a peu departies qui fembarastént. Mais en supposant qu'on soit obligé d’employer des co-lonnes isolées dans l'intérieur d’une Eglise, dune Chapelle, ou ailleurs, il fautau moins craindre deux choses , fçavoir qu’en faiíànt retourner fentablement furune colonne feule, cet entablement ne forme un avant-corps trop étroit, commeaux arcs de triomphe de Septime Severe Sc de Constantin, aux thermes de H io-dé tien , 6c comme on le voyoit au Temple de la Paix : ou qu'au contraire , s’ii, est continu, il ne devienne trop massif, principalement pour un Ordre délicat,
ainsi qu'on le remarque dans presque tous nos édifices François.
I X.
SiTÍns -àx Palais des Princes, aux grands Hôtels, on peut, â f exemple de fantiqui-
au^iessus té, mettre un Ordre d’Architecture à chaque étage, pour décorer les faces exté-rieures des bâtimens de cette efpece ; mais selon l’u sage des Anciens, il ne con-vient pas de mettre i’un fur l'autre plusieurs Ordres dans la hauteur des grandespieces, teís que font les grands Salions, les grandes Salles, les Galeries, 6tc ; àmoins que l'on réaffecte un trotoir, un corridor, ou un passage retenu par une ba-lustrade ou balcon de fer, qui annonce le plein pied du premier étage, 6c quidivisé celui-ci d’avee le rez-de-chaussée, parce que chaque Ordre doit dénoter unétage particulier. Cette sévérité regarde non-feulement les bâtimens civils, maisaussi les Temples sacrés, dont la grande élévation né comprend qu’un íèul étagedans l'intérieur. Selon cette opinion, il faudroit íé contenter d’élever un grandOrdre fur un soubassement, sur lequel on piaceroit les tribunes inférieures, com-me à la Chapelle de Versailles ; mais comme il faut une corniche ou un plinthe pourcouronner ces soubassemens , 6c que cela divise la hauteur intérieure de la nef, onpourrok, dans un lieu vaste, lorsque l'on voudroit des tribunes , les élever assezdu sol de l’Egliíè pour y placer un premier Ordre au-dessous ; autrement, dansun lieu ferré, il faut s’en tenir à un soubassement d'environ les deux tiers de lahauteur de f Ordre de dessus, étant contre les régies de la bonne Architecture devoir ces tribunes couper la hauteur des entre - colonnes ou pilastres, comme ils’en voit aux Invalides, aux Théatins, à Saint Louis du Louvre, 6cc. Enpareil cas, il vaut mieux íé passer de tribunes, ainsi qu'on a fait dans la plu-part de nos Eglises Paroissiales modernes, comme à St. Roch, St. Sulpice, St.Louis dans Tille, Sec. Il est vrai qu'elles font d'une grandeur médiocre , en com-paraison de quelques-unes de nos Eglises Gothiques, telles que Notre Dame, St.Eustache , Scc , qui en faveur de leur grande élévation, ont autorisé leur cons-tructeur à introduire des tribunes fort exhaussées, même jusques au-destùs du sanc-tuaire ; élévation qui pourroit fe pratiquer encore aujourd hui, si l'on étoit dansfustige d'édifier des Temples assez vastes pour pouvoir y placer un premier Ordre
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