FoírSatìondans deslieux ma-récageux.
Fondationíur un ter-rain ferme.
ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. I.
Des fondations dans les lieux marécageux »
De tous les terrains dont nous avons parlé , les lieux marécageux font les plusimpraticables, les plus mal sains Sc les plus dispendieux. Lorsque par une néces*ûíé indispensable on est obligé de fonder dans ces sortes de terrains, il faut pre-mierement faire les tranchées des fondations très-larges, Sc pour empêcher l’é-b oralement des terres, il en faut soutenir les côtés par des dosses (r) Sc des clayesbien étreíìllonnées, Sc enduites de limon de terre grasse , de mousse , Sc c ; secon-dement en épuiser seau avec une pompe juíqu’à ce qsson en trouve le fond; troi-sièmement , couvrir de sable le fond ou la bourbe ; quatrièmement enfin, formerplusieurs files de pierres pour y recevoir une grille A des plate-formes, Sc fon-der ensuite comme dans toute autre occasion. Au défaut de pilotis, l'on peut secontenter d’encaiísemens, ainsi que nous en avons parlé en décrivant la maniéréde fonder fur le fable ; mais comme l’eau peut être fort abondante, Sc qu alorsl’on est obligé de faire des épuifemens continuels, Sc de construire des batardeaux,les pilotis dans ces occasions font une fuite nécessaire de ce genre de construc-tion. Presque personne n’ignore la maniéré d’enfoncer les pilots au refus du mou-ton , de les réceper, de les revêtir de leur chapeau Sc plate-forme ; c'est pour-quoi nous n’entrerons pas ici dans ce détail ; d’ailleurs ceux qui n'en auront au-cune connoissance trouveront suffisamment à s’instruire fur cet article dans les Li-vres qui traitent de la construéHon, Sc principalement dans l’Architecture Hy-draulique de M. Beiidor,qui a donné fur cette partie du bâtiment, ainsi que furla maniéré de fonder dans toutes sortes de terrains, des principes Sc des disserta-tions austì utiles qu’intéressantes. Nous dirons seulement ici que le bois de chêneest reconnu le meilleur pour les pilots , qu il se durcit à l’eau, Sc qu’il dure parconséquent plus que tout autre ; cependant, seloiu le sentiment de quelques-uns ,le bois d’aulne qui croît dans les lieux humides y est aussi très-propre lorfqu'on l’afait passer au feu avant que de l’employer. Malgré cette opinion on ne doit néan-moins en faire usage qu’au défaut du chêne, excepté seulement pour les racinaux,les chapeaux, les plate-formes, Scc. Quand la charge du bâtiment doit être con-sidérable , il saut donner au diamètre des pieux la douzième partie de leur lon-gueur , à moins qu’il ne saille employer des piecés de 18 ou 20 pieds, à qui alors13 a 14 pouces de diamètre suffisent, en observant de les planter plus drus quelorsqu’ils ont une grosseur proportionnée à leur longueur. Ces pieux doivent êtrefrétés par le haut, Sc armés d’une pointe de fer à trois branches par le bas, &c.
Des fondations jur m terrain ferme.
Après avoir parlé de la sujettion des dissérens terrains fur lesquels on setrouve obligé de fonder, il paroît nécessaire de dire quelque chose de celui quine présente pas tant de difficultés. Ayant pris connoissance de la hauteur Sc de.f épaisseur des murs qu’on doit fonder , on fera les tranchées auxquelles on ob-servera des taluds intérieurs de la douzième partie de leur largeur , Sc lorfqu’onaura trouvé le tuf, on posera une assise de libage à pierres sèches, Sc l’on élèveraensuite alternativement jusques à sieur de terre , des pierres à carreaux (t) Scboutasses (u), Sc dont les interstices seront remplis de moilons posés à bain de
(í) Dosses , què Vitruve appelle en Latin matertes , avec la boutisse pour faire liaison,grosses planches comme des madriers, qui servent pour (u) Une pierre boutisse est celle dont la plus grandeéchafauder. longueur est dans le corps du mur ,8c qui a plus de queue
(t) Carreau, que Mr. Belidor appelle panneresse , est que de parement j 1 on observe même , lorsque les mursune pierre dont le parement a plus de largeur que la n’ont pas une trop grande épaisseur, que la boutiflè faífèqueue n’a de profondeur, & qui se pose alternativement parpain, c’est-à-dire qu’elle salle les deux paremensdu mur.
mortier