ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. II.
Elévation du coté de l’entrée , regardant là riviere-, Pi. VIL Fig. premiere*
Cette Façade, qui a de longueur ioi toises, a trois étages de hauteur, dontdeux font des Attiques élevés sur un rez - de - chauffée décoré d’arcades danslesquelles sont enfermées des croisées ; toute cette ordonnance est tenue simple sgenre d’Architecture convenable à cet édifice, construit comme le font ordinaire-ment des corps de Casernes. Les deux pavillons A flanquent assez heureusementles extrémités de ce bâtiment ; il seroit feulement à désirer qu une arcade en oc-cupât le milieu, à la place du trumeau qui s’y remarque. Il est vrai d’un côté queces pavillons réduits à trois arcades auroient peut-être paru trop étroits, eiiégard à Fimmensité de cette façade, Sc de i’autre que leur en ayant donné cinqiìs auroient été hors de proportion par rapport à leur hauteur. C’est cette consi-dération fans doute qui a déterminé F Architecte à les faire de quatre arcades, de-vant préférer les masses générales aux parties dans un bâtiment, Sc principale-ment iorfqifii s’agit d’un édifice d’une aussi grande importance que celui doncnous parlons. Cette réflexion nous porte à croire q u’on auroit dû éviter les petitsavant-corps B, qui étant à une feule croisée sont beaucoup trop étroits pour leurhauteur, Sc divisent en de trop petites parties Fétendue de cette façade ; d’ailíeursils ne font d’aucune utilité à la distribution intérieure puisque les arcades de deuxde ces avant corps n’auroient pas moins donné Fentrée aux cours qui íè remar-quent dans la Planche deuxième. Les lucarnes qui décorent Fextrémité supérieu-re de cette façade font trop ornées pour la simplicité de ce bâtiment, Sc leur^distribution n’est gueres plus agréable. Le grand comble qui régné fur toute lalongueur de ce bâtiment fait un assez bon effet , un édifice militaire de cette est-pece pouvant être couronné convenablement par des combles dont la hauteurannonce de grands greniers capables de contenir des aprovisionnemens, des lieuxVastes pour étendre le linge, des magasins, Scc.
Le milieu de toute cette façade est marqué par un grand avant-corps de 59pieds de large fur 78 de hauteur ; flanqué de deux tours creuses qui unifient cetavant-corps avec les ailes de ce bâtiment ; deux pilastres d’Ordre Ionique éle-vés fur un piédestal commun soutiennent un grand arc est plein ceintre qui fer tde fronton à ce frontispice. Cet arc est accompagné de trophées d’armes dont laforme circulaire n’est pas approuvée, ces ornemens demandant à tomber à plombou à être enfermés dans des tables : autrement ils paroissent postiches Sc éloignésde toute idée de vraisemblance.
Entre les pilastres Ioniques Sc fous ce grand plein ceintre s’éleve un stilo-bate percé d’une grande porte Sc de plusieurs croisées, qui soutient sur un pié-destal particulier la Statue équestre de Louis XIV en bas-relief, aux pieds duquelSc à côté du piédestal font assises la justice Sc la prudence qui piramident d’unemaniéré heureuse avec les figures de ronde boíïè (V) de Mars Sc de Minerve quifont placées au bas des pilastres Ioniques. En général, toute FArchitecture de cefrontispice a trop peu de saillie Sc ne marque pas affez pour f espace immense quienvironne cet édifice ; d’ailleurs il faut être trop près pour en appercevoir les dé-tails qui font d’une très belle exécution.
Coupe ér profils pris fur toute la longueur du bâtiment . Fig. 2. même Planche.
Ce dessein contient la coupe Sc les profils du frontispice dont nous venons deparler, Fun des côtés des bâtimens en aile de la cour Royale de cet Hôtel, la
(O Toute cette sculpture, qui rt’a été achevée qu’en 17305, est de Inexécution de Guillaume Coustou, pere, ainfíque la tête d’Hercule qui est au-dessus de la porte.
Tome L D d d
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