MOV
A R C H IT E CTURE FRANÇOISE, Liv. IL
. H , tl La coupole , ainsi que nous l’avons déja observé, peut être regardée comme "un.fcvíiides? chef-d’œuvre. La distribution des quatre Chapelles qui accompagnent ce dôme ,les degrés qui descendent sur le sol orné d’un beau compartiment de marbre ,la décoration, le choix des ornemens, enfin l’entente avec laquelle l’Architectu-re, la Sculpture , la Peinture , la Dorure Sc le marbre se trouvent mariées ensem-ble , présentent au spectateur le coup d’œil le plus satisfaisant qu’il soit possibled’exprimer.
La sincérité avec laquelle nous nous expliquons fur les choses qui ne font pasgénéralement approuvées , doit donner quelque confiance à notre apologie tou-chant les ouvrages que nous avouons mériter le lustrage des connaisseurs ; c’estpourquoi nous dirons de concert avec tous les esprits non prévenus qu’à i’excep-tion de quelques licences glissées dans les parties de la décoration intérieure decette nouvelle Eglise, ( Sc dont sauteur ne s’est fans doute permis l’uíàge que pourrendre les masses générales plus estimables,) on doit regarder ce monument com-me souvrage le plus parfait pour la distribution, la décoration Sc la constructionque Jules Hardouìn Manfard Sc aucun d-e nos Architectes François ayent élevéfous le régne d’un Prince dont la mémoire fera toujours chere à la postérité laplus reculée. En effet quelle idée ne doit-on pas se former d u sçavoir de ce grandArchitecte loríqti’on considéré sart avec lequel il a introduit le cul de four enlunette L enfermé dans ia voûte (s) surmontée M, Sc qui d’en-bas paroît n’en fai-re qu’une , de maniéré qu’il faut être instruit de cette double voûte pour s’en apper-, cevoir. Ce prestige est d’autant plus ingénieux que ia peinture de cette calotte parce moyen est éclairée derrière la lunette par les croisées de f Attique qui soutientavec autant de hardiesse que d’industrie ia courbe extérieure qui couronne laditecoupole, Sc dont on voit ici le développement avec celui de la lanterne qui sertd’amortiísement à tout cet édifice : nous parlerons de fa proportion Sc de ses or-nemens extérieurs en décrivant la façade du côté de la campagne.
Le cul de four dont nous venons de parler est orné de douze arcs doubleauxdorés d’o.r mat, Sc enrichis de cassettes avec des rosaces. Entre ces arcs dou-bleaux font peints par Jouvenet les douze Apôtres soutenus fur des nues, de ma-niéré que tout ce cul de four d’accord avec la voûte paroît percé à jour, Sc neformer qu’un même sujet de peinture ; idée aussi convenable qu’intéressante , Scqui fait également honneur à i’Architecte qui sa conçue Sc aux grands Peintres quiì’ont exécutée.
Toute cette magnifique voûte est soutenue par un Ordre de pilastres composi-tes accouplés, couronnés d’un entablement régulier Sc soutenus par un stilobatecontinu ou ceinture ornée de médaillons Sc de mosaïque ; entre ces pilastres fontpratiquées douze croisées bombées ornées de chambranles à croísettes surmontéesd’agrasses. Sous ce stilobate est un entablement composé, orné de mutules enconsole qui rachètent la saillie du larmier supérieur de la corniche. Cet entable-ment, ainsi que toute s Architecture qui est au-dessus, est circulaire Sc forme lacoupole qui est soutenue par quatre pannaches placés au-dessus des tribunes Sc quirachètent ia forme circulaire du dôme. Ces tribunes font portées par les colonnesdistribuées dans les pans coupés des quatre angles du fol de ce dôme , ainsi qu’on lepeut voir fur le plan. Pi. VI. Les quatre panaches font décorés de tableaux enfermésdans de grandes bordures de métal doré, dans chacune deíquels font peints parLa Fosse les quatre Evangélistes. Il semble qu’on auroit dû préférer des bas-reliefsaux tableaux, ainsi qu’on fa. observé au Vai-de-Grace ; ces íujets coloriés Sc leurbordure dorée placée dans un édifice construit tout de pierre en ôtent l’unisson,
(r) Cette voûte est peinte par LaFosse. Cet habile Pein- en peinture à fresque dont les principales figures ont neuftre y a représenté St. Louis revêtu des ornemens de fa pieds de proportion , est d’un dessein admirable & d’un co-Royauté, qui présente à Jésus-Christ l’épee dont il a loris qui j ufqu’à présent s’eft soutenu sans aucune altéra-triomphé des ennemis du nom Chrétien. Cet ouvrage tion.
Sc