ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. II. 28-
étroits pour leur hauteur; les trumeaux des arcades trop considérables, A la pro- nàiportion de ces dernieres trop svelte ; tout ce bâtiment est couronné par une baluf- Belie "crade Sc terminé par un comble à deux égouts double, comme on peut le remar-quer dans la coupe, Planche VI.
Elévation du côté de la riviere. Planche V.
La hauteur de cette façade est mieux proportionnée par rapport à fa longueurque celle dont nous venons de parler, Sc quoique l’avant-corps soit composé detrois percés ainsi que les arriere-corps, ces derniers ne laissent pas que d’excédeíen largeur fur la partie du milieu; Tailleurs cette partie principale qui est couron-née d’un fronton , paroît dominer fur le reste du bâtiment, ainsi qssil est essentielde l’observer suivant les préceptes de la bonne Architecture.
Cette élévation est aussi couronnée d’une balustrade , laquelle est ornée de vasesSc de groupes d’eníans, ce qui lui donne une richesse convenable à la décorationd’une façade du côté des jardins, devant toujours affecter plus de simplicité ducôté de rentrée d’un bâtiment, fans pour cela tomber dans un excès trop op-posé.
Sous cette façade est exprimée la terrasse du côté de la riviere qui occupe lahauteur du rez-de-chaussée du côté de la cour, & dans une partie de laquelle onvoit les croisées qui éclairent l’appartement souterrein dont nous avons parlé, Plan-che premiere. A la droite de cette terrasse est exprimé le retour de l’aile quenous avons remarqué être feule dans ce bâtiment, Sc à i’oppoíe de laquelle il auroicété nécessaire d’en pratiquer une autre, si lors de la construction de cet édifice onavoit acquis le terrein dont nous avons aussi parlé.
Coupe ér profil sur la longueur du bâtiment. Planche VI.
Cette Planche montre le développement fur toute la longueur du bâtiment,depuis la porte d’entrée jusqu’à la terrasse du côté de la riviere; toute la cour aurez-de-chaussée est ornée d’arcades en plein ceintre avec impostes Sc archivoltes , àl’exception du soubassement de la façade, Planche IV, où il paroît qu’on a pré-féré les croisées aux arcades, qui cependant auroient fait un meilleur effet,non-seuíement par rapport à Fordonnance de la cour, mais encore parce que ces arca-des ainsi pratiquées, auroient annoncé une entrée plus convenable à cet édifice,
Sc auroient mieux caractérisé un soubassement. Nous rappelions soubassement ,parce qssautant qssil est possible , lorsqssil s’agit d’une maison de quelque im-portance , quand on se trouve forcé d’élever trois étages les uns au-deílus desautres, il convient de donner ce caractère à celui du rez-de-chauíïee pour éviterd’affecter un genre d’ordonnance qui semble n’appartenir qssà une maison particulière.
Chaque édifice doit avoir une expression qui lui soit propre; les palais, les Châteauxà la campagne, les bâtimens de peu d’importance doivent s’annoncer différemment.
Il n’appartient qssà un homme peu consommé dans Fart de bâtir de traiter unifor-mément toutes ses productions, Sc quoiqsselles soient susceptibles à peu près desmêmes parties, on doit remarquer dans chacune une différence rélative aux di-vers motifs qui lui font mettre la main à l’œuvre, tant dans les masses que dansles étages, ou enfin dans la maniéré de traiter les pavillons , les avant-corps, lessoubassemens , les couronnemens, &c.
L’aile du côté de la terrasse est aussi décorée par des arcades dans leíquellesfont percées des croisées ; la largeur de ces dernieres etant déterminée par lediamètre des pieces intérieures, on auroit dû dans cette aile préférer la réalitédes croisées aux arcades feintes. Leur ordonnance tout-à-faic dissemblable à celleTome I. D d d d