ARCHITECTURE FRAN ÇOISE ,Liv. III. 5
Fentablement de trois parties en retraite fur le pilastre, Sc de trois parties en sur-plomb fur la colonne, parce que la faillie des chapiteaux Corinthiens auroit mas-qué cette erreur. Ce qui est de certain , ç’est que si la beauté d’une colonne con-siste dans une diminution Sc un renflement heureusement entendu, cette diminu-tion ne réussit pas également à un pilastre, son succès dépendant au contraire del’égalité de son diamètre, principalement lorsqu il est angulaire ; car loríqu’il estseulement placé derriere une colonne sans faire retour, il n’y a point de douteque le pilastre diminué est préférable , parce qu’il évite d’une part i’inégalité réellede la largeur Sc de la hauteur du chapiteau , Sc de sautre le porte à faux dont nousavons parlé.
Ce premier avant-corps est terminé par un fronton dans le tympan duquel est uncadfan accompagné de deux figures assises, qui paroissent représenter d’un côté laScience, Sc de sautre la Vigilance ; le grand entrecoionnement de dessous est oc-cupé par la principale porte d’entrée, laquelle est feinte en arcade renfermant unebaye quarrée qui s’éleve juíques dessous fimposte. Sans doute il auroit été préféra-ble que cette ouverture eût occupé l’eípace de toute l’arcade feinte , ou au moinsque cet espace eût été fermé par une porte de menuiserie qui auroit pû ne sou-vrir réellement que jusqu’au dessous de fimposte ; cette porte alors auroit forméune plus grande malle, à auroit diminué en apparence la hauteur du claveau, enfincette ordonnance auroit répondu avec plus de succès à la grandeur colossale def Ordre Corinthien qui préside dans ce frontispice. Les percés des deux croiséesTune au-dessus de sautre qui font dans chaque arriere-corps de ce portail, paroif-fent aussi trop peu considérables ; ce qui donne un air de péíanteur à ces arriere-corps qui est démenti & par le caractère de f Ordre délicat qui compose cette or-donnance Sc par f élégance des restants dont son plan est composé. De plus cesjours extérieurs ne paroiflent pas pouvoir assez procurer de lumière au-dedans, Scdonnent à ce monument un air antique qui s’accorde mal avec f accouple ment decet Ordre, les pilastres ployés, & la distribution des ornemens, qui expriment unedécoration moderne. Ce n’est pas qu’on ne puisse allier ensemble la méthode desanciens avec le sistême des Architectes de nos jours, mais il ssen est pas moinsvrai qu’il faut choisir ce que Tune Sc sautre Architecture ont de plus excellent,pour ne prendre de ces deux genres que ce qui peut bien s’allier ensemble ; autre-ment si par un mauvais choix on cherche à unir les contraires on ne peut en espé-rer un heureux succès.
Au-dessus de ce premier Ordre régné une balustrade non évuidée dont la hau-teur égale celle de f entablement ; fur les piédestaux de cette balustrade, à plombde chaque accouplement de f Ordre de dessous, font six grouppes de figures (g)assises, représentant les quatre Evangélistes, les Peres de f Eglise Grecque, Sc lesprincipaux Docteurs de l’Egliíè Latine. Dans la frise de l’Ordre Corinthien, onlit cette inscription.
JUL. MAZARIN. 8. R. E. GARD. BASILICAM. ET GYMNAS. F. C. A.
M. D C. LXI.
Au-dessus Sc derriere ce frontispice s’éleve la coupole de f Eglise décorée d’unOrdre Composite en pilastres accouplés. Dans les grands entrepilastres font distri-buées des arcades d’une assez heureuse proportion, mais il íèroit à souhaiter quetoute cette coupole fut élevée sur un soubassement dont la hauteur permit que duparapet, point de distance donné , l’on apperçût la totalité de l’Ordre Composite,qui autrement ne paroît être qu’un Attique. Cet Ordre est couronné d’un entablement
(g) Ces figures font sculptées par Desjardins, & ont été posées en 1677.
Tome II. B
College
Mazarin,