10 ARCHITECTURE FRAN ÇOISE, Liv. III.
hôícI Je néraí que cette arcade est trop peu élevée ; néanmoins comme i'expreísion deCont7 ' cette ordonnance est simple-, cette proportion peut être tolérable, quoique nousayons reconnu ailleurs qu'il étoit contraire aux préceptes de fart de faire la hau-teur de leur ouverture au-destous du double de leur largeur, à f exception Tuneporte Toscane Rustique, qui peut avoir un sixième de moins, ainsi qu’on fa ob-serve à la porte réelle de la Planche dont nous parlons , Sc qui, eu égard auxmembres d’Architecture qui f environnent Sc aux omeìnens qui f accompagnent,Tembloit exiger une baye de proportion Ionique, de concert avec le grand enta-blement Composite qui couronne tout ce frontispice.
Les observations que nous venons de faire íùr cette porte qui d’un commun ac-cord est estimée des connoisseurs, paroîtront peut-être hazardées , mais comme nou§•écrivons ici fans prévention , Sc qu en général nous nous sommes proposé de parlerdans cet ouvrage relativement aux principes que nous avons établis dans notreIntroduction & qui font les mêmes que ceux qui ont été approuvés par les plus grandsmaîtres, quoìqu'ils n’ayent pas toujours observé à la rigueur ces mêmes précep-tes dans leurs édifices, l'on doit s’attendre que toutes les fois que nous rencon-trerons l’occasion de faire quelques observations utiles Sc intéressantes, nous lesproposerons, fans vouloir néanmoins leur donner le poids d’une autorité incontes-table , mais feulement comme des réflexions sondées fur les loix de la convenan-ce , de la proportion, Sc du bon goût.
Dans f intérieur de cet Hôtel, au rez-de-chaussée, l'on voit deux beaux plafondspeints par Jouvenet (c) qui font dignes de f admiration des connoisseurs, Sc quiméritent bien qu’on ait f attention, avant que de démolir ce bâtiment, d’enleverces chefs-d’œuvres de fEcole Françoise , puiíqu’en France l'on a trouvé le moyende conserver (d) les-peintures les plus anciennes.
Le jardin de cet Hôtel, qui est assez vaste, donne ser la rue Guenegaud, ainsi nom-mée parce que le Ministre de ce nom, â qui a appartenu cet Hôtel, la fit per-cer , A y fit élever la plupart des bâtimens que nous y voyons.
(c-) Jean Jouvenet, un des plus excellons Peintres du de Ces chef-d’œuvres de l’art, revivifié par cette inven-dernier siécle, naquit à Rouen en ì644., & est mort à tion. Certainement l’on peut dire qu’il n’est point de dé-Paris en 17 1 7. couverte plus utile pour le progrès dé la peinture, ni qui
(d) Le sieur Picault, célébré Artiste, a trouvé le secret soit plus satisfaisante pour les amateurs. II semble qu’ond’enlever la peinture à l’huile de dessus toutes sortes de ne fait pas assez de cas de ce merveilleux moyen de trans-sursaces, & de l’appliquer à neuf fur une toile. On voit mettre à la postérité la plus reculée les ouvrages des plusau Luxembourg dans le nombre des tableaux du Roi un grands maîtres.