FA ARCHITECTURE F R A N Ç O I S E, L i v. III.
Pon£ neuf. utile sut discontinuée jusqu’au régné de Henry IV qui le fit achever , en 1604, telqu’on le volt aujourd’hui, sous la direction de Guillaume Marchand. Ce Pont ade longueur 170 toiles, fur 12 de largeur divisée en trois parties; ceiie du milieupour les caresses a 30 pieds, & les deux autres ont chacune 21 pieds , Sc font oc-cupées par des banquettes de deux pieds d élévation pour les gens de pied , ce quiest d’une commodité infinie à cause du passage continuel de ce pont qui traverfeTaris , Sc qui communique du quartier St. Honoré au Faubourg St. Germain.
Flan du Pont-Neuf vupar-defus , Figure 1.
Ce plan présente la surface du dessus du Pont Neuf Sc de ses banquettes, l’Ef-planade où est placée la statue équestre de Henry IV , le bâtiment de la Samari-taine , &c. Comme ce Pont se trouve situé à i’extrêmité d’une líle qui partage encet endroit la riviere de Seine en deux bras, íùr le massif de cette líìe on a prati-qué une Esplanade qui avance de 75 pieds fur la riviere* C’est fur cette Esplana-de que l’on a placé la statue de Henry IV, qui fait face au Pont-Neuf & à la Pla-ce Dauphine (Y) à laquelle on arrive par le Carrefour du Quay des Morfondus & duQuai des Orphevres.. Cette statue, qui est de Dupré, habile Sculpteur, fut commencéeen 1614, Sc ne fût achevée qu’en î6 33, & ie cheval est de Jean de Boulogne :c’est un présent-que le Grand Duc de Toscane fit à Marie de Medicis pour lors Régentedu Royaume. Cette figure équestre est de bronze Sc est élevée fur un piédestal de mar-bre blanc aux angles duquel font placés quatre esclaves aussi de bronze, les orne-mens de même métal font du dessein Sc de l’exécution de Francheville; tout cetensemble avec les bas-reliefs Sc les inscriptions qui désignent les principales actionsde ce Monarque, achevent de rendre ce monument une curiosité de Paris très-in-téressante. La figure du Héros enrr’autres est un chef-d’œuvre , mais le cheval estbeaucoup moins estimé , au contraire de celui de la Placé Royale qui est un miracledel’Art, pendant que la figure de Louis XIII est d’une exécution assez médiocre.
Sur chaque pile de ce pont font élevées des tourelles de la hauteur du parapet,elles forment autant de demi-lunes qui élargissent les banquettes (d) pratiquées àchaque côté de la chaussée destinée au passage des voitures.
Sur la seconde arche de ce pont du côté du Louvre est construit un bâtimentHydraulique connu sous le nom de la Samaritaine , parce que fur une de ses facesest un groupe de figures de bronze sculptées par Bertrand Sc Fremin, qui représen-tent le Seigneur Sc la Samaritaine auprès du puits de Jacob. Ce puits est désignépar un bassin qui continuellement jette de seau dans une cuvette, après avoir étéélevée par des corps de pompe vers le sommet de cet édifice, d’cù elle est en-suite conduite par des tuyaux souterrains dans un château d’eau ou grand réservoirplacé en face du Palais Royal, pour être distribuée dans les bâtimens du Louvre, desThuileries, Scc. Ce bâtiment hydraulique fut construit d’abord fous le régné d’HenryIII, & ayant été détruit par vétusté en 1712 il fut réédifié tel qu’il existe aujour-d’hui. Voyez-en la description les plans, coupes, élévations Sc développemens
chitecture contenant f o bâtimens de différens genre|,avecdes .explications & une description de chacun de ces édi-fices qui fait voir combien depuis ce tems ( qui à 'la vé-rité est déja assez reculé du nôtre ) l’Architecture a changéde face en France.
(r) Cette Place est de forme triangulaire : le plan enia été donné par Henri IV , qui l’a nommée ainsi en mé-moire de la naissance de Louis XIII, lequel en 1608n’étoit que Dauphin. Elle est située fur l’extrémité de Fil-le du Palais en face duquel elle est élevée, les bâtimensqui l'entourent sont uniformes & bâtis de brique ; les cor-dons & les piédroits feulement font de pierre de taille,
ainsi qu’on le pratiquoit anciennement. Cette Place n’aque deux ouvertures, i’une au sommet du triangle & enface de la statue dont nous avons parlé, & l’autre fur labase de ce triangle en face de la principale porte du Pa-lais par la rue de Harlay.
(d ) Par tolérance, on a souffert sur ces banquettes deséchopes qui sont des especes de tentes où tous les joursouvrables on étale diverses marchandises, denrées , de sor-te que d'un côté la voye publique se trouve embarassée ,& que de l’autre on est privé du coup d’œil de la riviere& principalement des bâtimens du Louvre qui rendent lavûe de ce pont une des plus belles qui soit à Paris.
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