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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. III.

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particulières des Acteurs , pratiquées au premier étage fur les bâtimens de f enclave Goftl( q;@marquée X , les Acteurs ont leur entrée Sc leur sortie par la rue des mauvaisGarçons. La piéce marquée Y est destinée au corps de garde des Gardes Françoifes ;

(aa) la piéce Z est un endroit pratiqué fous f Amphithéâtre, lequel est destiné à contenirdes rafraichiffemens pour le public.

Le numéro i marque remplacement de sOrchestre pour les spectateurs ;étoit destiné avant 1751 aux Gentilhommes (bb') de la Chambre, qui depuis íefont conservés une seconde loge dans laquelle le public n a pas daccès. Le chif-fre 2 marque remplacement de rOrchestre pour la musique, qui joue des piècesde symphonie un peu avant la représentation d u Spectacle, pendant les intermè-des, Sc entre les deux pièces ; étant dufage au Théâtre François, après Tragé-die, de donner une petite piéce comique, pour égayer le spectateur. Le numéro3 désigne la loge du soudeur; celui 4 exprime des retranchemens destinés à fer-rer les pupitres, les instrumens Sc autres ustenciles des Musiciens ; celui y marqueune séparation , qui contient les lampions appelles biscuits , qui éclairent le de-vant du Théâtre, Sc qui sélevent Sc sabaiífent, selon que son a besoin de pro-curer de s obscurité ou une très-grande lumière, dans les distérentes pièces tragi-ques Sc comiques. Le chiffre 6 marque f emplacement du dessous du Théâtre ,qui contient un très-grand nombre de machines, la plupart fort ingénieuses, àf usage des changemens de décorations propres aux Scenes infernales, aux DieuxMarins &c ; mais qui ne fervent plus aujourdhui, le Théâtre François, depuisMolière, ayant changé de face, puiíque même iorfquon donne les pièces de cetAuteur, on en retranche la plus grande partie des agréniens. Le numéro 7 mar-que des petites cours fort étroites , pratiquées pour donner du jour aux corri-dors qui conduisent aux premieres loges, ( voyez ces corridors Planche IL ) Lesnuméros 9 expriment des poêles pour échauffer les spectateurs pendant lhyver,lesquels s 5 allument en dehors du Parterre ils font placés. Les pièces distri-buées dans les deux enclaves V, X font des cours, des magasins Scc ; ces derniers fontpratiqués a u-dessous des loges des Acteurs Sc destinés peur le service du Spectacle.

Les dimensions de toutes les différentes pièces dont nous venons de parler,nont aucunes proportions déterminées , ici comme dans tout autre genre de spec-tacle , elles doivent être assujéties à la grandeur de semplacement ; à propos dequoi nous dirons en général, que lorsque son est le maître de la situation dunThéâtre, il convient de choisir lendroit de la Ville le plus spacieux, & de faireenforte que fes murs de face donnent fur plusieurs rues, afin de procurer aux spec-tacles diverses entrées Sc sorties pour la commodité publique. faut aussi quequelque colonnade, porche ou péristyle, amene à couvert le spectateur danssinterieur de cet édifice, qu il y ait de grands foyers, des cours spacieuses Sdaérées, des réservoirs en cas dincendie , Sc qui fournissent une eau abondante pour

(aa) Ce nest quau mois cTAvril 17jo que Sa Majestéordonna que ce seroìt ses Gardes Françoifes commandéespar un Officier qui auroient foin de maintenir le bon ordredans le spectacle de la Comédie Françoise, comme cestL usage depuis long-rems a lOpéra, fur la représentationque cette Compagnie fit à la Cour au sujet du trouble &du tumulte que le peuple causoit à ce spectacle, principa-lement à la représentation des nouvelles pieces, au débutdes nouveaux Acteurs, &c. Avant cette Garde cétoit laRobe-Courte & un Exempt de la Police qui étoient char-gés de ce foin. II en fut ordonné autant pour ía Comé-die Italienne, & lon peut dire à cette occasion que lesspectacles à Paris nont jamais été si bien disciplinés, &que fous aucun régné il na été observé tant de décencedans nos Théâtres publics, tant de la part des spectateursque par Pattention que le Gouvernement a de ne permet-tre aux Acteurs que la représentation des pieces qui nont

rien de contraire à la Religion, à la politique & aux bon-nes mœurs.

Indépendamment de la Garde Françoise dont nous ve-nons de parler, pour le bien public , il y a toujours dansces Spectacles un Officier supérieur des Mousquetaires ,des Gendarmes, Chevaux-legers, &c , pour empêcher quela jeunesse militaire de la Maison du Roi ny apporte au-cun trouble.

(bb) Les quatre premiers gentils-hommes de la Chambredu Roi sçavoir M. le Duc de Richelieu,le Duc d Aumont,le Duc de Gêvres,& M. le Duc deFleury ,sont les per-sonnes commises par Sa Majesté pour veiller au gouverne-ment de cette Troupe comme Comédiens du Roi, de ma-niéré que ce font ces quatre Seigneurs qui au nom de SaMajesté reçoivent les Acteurs, ordonnent leur debut, lesvoyages de la Cour, & font chargés de son départementpour ce qui regarde les plaisirs du Roi seulement.