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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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ARCHITECTURE F R A N Ç O I S E , L i v. III. Z f

description , c 5 est non-seulement dans Fesprit de satisfaire ies personnes qui n ont CoM ^ ôpas didée de nos Spectacles en France , mais encore pour éclairer la plupart Fr * a ^ oUe ''des hommes qui se vouant à la profession dArchitecte, ont un besoin égal dessinstruire des réglés de Fart de bâtir & des usages qu il convient dobserverdans chaque genre dédisices.

La partie A exprime les souterrains - dont la hauteur sert à contenir les con-tre poids & à recevoir la descente des machines , lorsqu anciennement dans ceSpectacle Ton repréíentoit le Palais de Pluton, celui de Neptune Sc c. Celle Best le dessous du Théâtre, dans laquelle font contenues ies machines dont nousavons parlé, page 31; C exprime ies coulisses & les fermes de la décoration duThéâtre ; & la lettre D indique les ciels peints sur des toiles, auffi-bien que lesplafonds , les ceintres &c , qui sélevent ou sabaissent selon la diversité des change-mens. E font les rideaux du fond du Théâtre, qui paroissent tour à tour selon queles pieces sont tragiques ou comiques ; F marque les lieux ou font posés les machi-nes de mécanique, tant pour faire mouvoir les décorations, que pour monter &descendre les lustres qui pendant le Spectacle éclairent le Théâtre & lAmphi-théâtre ; ces lieux comprennent lespace de toute la largeur de la Salie, auffi-bien que la hauteur intérieure des combles , dont iassemblage de la charpente estfaite avec beaucoup dart.

Tout lintérieur de cette salie au-dessus des loges, est terminé par un plafondmarqué G , dont la surface est peinte par Bon Boulogne (dd) ; cet ouvrage est fortestime des connoisseurs, mais les beautés sen remarquent à peine, ce plafondetant extremement noirci par les lumières qui éclairent ce Spectacle, & par la pouf-íîere qui sy éleve, lorsque la représentation des pieces y attire une assemblée fortnombreuse.

Comme nos Spectacles à Paris, ainíì que nous Pavons déja observé, sont sortresserrés, êc que lEté Pon a peine à supporter la chaleur qu'une multitude con-sidérable de spectateurs procure dans ces assemblées, en 1744 on imagina, lors-quon restaura Pintérieur de la Comédie Italienne, de percer une partie du plafondqui régné au-dessus du parterre , de maniéré que par le moyen de deux châssis quise levent & s'abaissent, on donne de Pair aux spectateurs ; méthode ingénieuse quidevroit être imitée dans tous les Théâtres publics, dont Feípace trop borné renddans la belle saison ces lieux inhabitables.

Le devant de toutes les loges du Théâtre dont nous parlons a été peint avecbeaucoup de goût & de discrétion, ce qui prouve que dans le dernier siécle , dansles choses mêmes qui sembloient permettre qu on s'abandonnât au feu de Fima-gination, Pon séloignoit cependant de la frivolité des ornemens, pour lesquels iisemble aujourdhui que nous nayons que trop de penchant, puisque Pon remarquetrès-souvent dans les ouvrages la sévérité des régies devroit avoir la préférenceà tout ce que le génie peut avoir datrayant, que Pillusion a le pas, malgré P opi-nion dans laquelle la plupart des hommes sont, que P esprit de convenance doit pré-valoir fur ce que quelques-uns appellent invention, nouveauté, élégance , &c.

Coupe vue du côté du Théâtre éprise dans les plans Jùr la lìene C D

Planche V. °

Cette Planche montre le profil des trois rangs de loges qui règnent au pour-tour de la salle de Spectacle que nous décrivons, la largeur du Théâtre derace, le dossier de 1 Orchestre qui limite le Parterre par Pune de ses extrémités,

(dd) Bon Boulogne, nommé par quelques-uns le Do-tmniquin de son siécle , étoit à Paris en 1649 , Sc yest mort en 1717* Cet habile homme avoit un frété nom-

Louis de Boulogne, qui étoit auíîì un Peintre très-célébre ; il est mort en 1733, âgé de 80 ans»