ARCHITECTURE FRANÇ OISE , Liv. IIL 4Î
frontispice étant très-borné. Le fronton triangulaire qui couronne ce portail, pâ- Eglise fcroît aussi faire un meilleur effet que le circulaire que nous avons observé dans la s ‘ Sul?lte '’Planche précédente : mais il feroit à desirer que fur les arrieres-corps qui accotentce fronton, on eût élevé un socle qui couronnât cette partie du frontispice. Lesfigures qui se voyent dans les niches font auííì de François Dumont, Sc fembloiencexiger un peu plus de richesse dans toute f ordonnance de ce portail ; principale-ment dans la partie fuperieure, qui paroît être terminée avec trop de simplicité.
Coupe Jur la longueur de íEglise. Planche V.
On voit fur cette Planche, du côté de f entrée de cette Eglise, le profil du'grand portail, A au-dessus f élévation en retour de l’Ordre Corinthien qui portef une des campanilles qui font élevées fur les deux tours dont nous avons parié.
On n 5 a pû exprimer ici tout cet amortissement, la hauteur de la Planche ne Payantpas permis ; mais comme ces campanilles font isolées Sc quadrangulaires, le des-sein qu’on en volt fur le grand portail semble suffire.
Derriere ce portail, au rez-de-chaustee de la Nef, est exprimée la petite colon-nade fur laquelle est la tribune qui doit porter l’orgue, Sc dont nous avons déjadit quelque chose. Il semble que la grandeur du vaisseau auroit pû permettre d’éle-ver cette tribune jufqu’à Pentablement de l’Ordre Corinthien, puiíqu’il restoit en-core 3 6 pieds jufqu’à la voûte : par ce moyen cette colonnade auroit eu plus derapport Sc avec la grandeur colossale du portail Sc avec la hauteur de ce tem-ple qui a 92 pieds fous clef; Tailleurs la pretniere arcade de la Nef, ainsi quenous Pavons déja observé, ffauroit point été masquée par cette colonnade.
On peut dire à la gloire de le Veau , fur les desseins duquel l’interieur dece monument a été érigé, que íà décoration est traitée avec aíîez de noblesseSc de régularité ; tous les ornemens qui fe remarquent ici appartenant à la sé-vérité de POrdre Corinthien, ornemens toujours préférables auxformes captieu-ses Sc tourmentées qu’on a affecté dans quelques unes de nos Eglises à Paris, Scparticulièrement dans plusieurs des Chapelles de cette Eglise.
La décoration de la croisée de cette Eglise est traitée avec bien moins de re-tenue f Sc la. voûte du milieu de cette croisée peut même être regardée commeune des plus défectueuses qui soit à Paris , ainsi que la plupart des ornemensqui décorent Pinterieur des portails collatéraux de ce monument, quoiqu 5 exécutésfuries desseins de Gilles Oppenor.
Derriere le chœur se remarque la largeur des bas côtés, qui dans cet endroitfont éclairés en lanterne, mais dans tout le pourtour de cette Eglise ils tirent leurjour par des yeux de bœuf, genre de croisée peu propre à la décoration d 5 unédifice sacré.
A l’extrêmité de cette coupe fe remarque Pintérieur de la Chapelle de laVierge, dont la décoration a été ( dit-on ) exécutée fur les desseins de feu M.le Moine, Premier Peintre du Roi, qui a peint le plafond de cette Chapelle.
Au-deíîus Sc dans toute la longueur de cette coupe est exprimée la charpenteformant croupe fur ses extrémités : au-dessus de la voûte de la croisée avoit étépratiqué un clocher fur les desseins d’Oppenor, mais on a été obligé de le dé-molir quelques annees après fa construction, à cause de fa trop grande pesanteur.
Nous avons parle de la décoration du maître-autel, on en voit ici, à l’endroicmarque A, le profil en petit, ainsi que Penceinte du sanctuaire, les stalles, lesgrilles &c ; on y voit aussi une partie des figures qui font adaptées au pied despilastres Corinthiens Sc portées par des consoles en cul de lampe ; ce qui rendleur situation postiche, ausisi bien que Pordonnance de leur décoration peu ré-gulière , malgré la beauté de leur exécution.
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