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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. III.

les attributs Sc les allégories des ornemens de Sculpture , qui dans la façade d u Palais àmonument dont nous parlons, ne se trouvent pas heureusement distribuées. Pat bourg?exemple, nous avons dit plus Eaut que la Chapelle étoìt située dans le pre-mier étage de savant-corps B. Nous remarquerons ici que st)n usage particuliern'avoit pas besoin dêtre annoncé dans les dehors ; car pour en avoir voulu userainsi, il en est résulté deux inconvénient i°. Que le dôme Sc la lanterne sont ungenre dArchitecture trop visiblement du ressort des Temples sacrés, de mêmeque le fronton circulaire, les vitraux de sarcade Dorique & les compartimentdu milieu de sétage Attiqçe. 2 0 . Que les symboles des figures qui íe trouventassises fur ce même fronton, Sc qui font consacrés à la religion , se trouvent al-liés avec aussi peu de vraisemblance que de raison , avec le$ attributs du Paganis-me distribués dans les métopes de lOrdre Dorique , que de Brosse a imités tropseverement daprès iantique ; de maniéré que ce contraste blesse les yeux intelli-gent Ajoutons à cela que toutes les autres statues de cet avant-corps , Sc les fi-gures placées fur les frontons triangulaires des Pavillons C font des attributs dela fable. Cette inadvertance, qui n'est pas excusable , doit rendre un Architecteattentif à observer les loix de la convenance, comme le point le plus essentielde la décoration extérieure des bâtimens de quelque importance.

Ces observations appliquées à un édifice qui a fait juíquà présent iadmlration descitoyens Sc de la plupart des étrangers, paroîtront fans doute exposées ici avec tropde sincérité, mais comme notre objet est dinstruire, Sc que ce motif ne peut se conci-lier avec un esprit de parti, je continue de croire qu on me sçaura quelque gré( sens avoir égard au préjugé vulgaire ) de faire connoître toutes les beautés quise rencontrent indistinctement dans les monumens que je décris, de même queles licences qui sy trouveront introduites, soit par la distance des te ms ilsont été érigés, soit par les nouveautés peu réfléchies dont on use aujourdhui,sens chercher à se rendre compte si ces nouveautés ont droit de plaire, ou sensexaminer si l'on doit porter une véritable estime à des ouvrages qui n'ont sou-vent dautre mérité que leur antiquité.

Grotte du Jardin du Luxembourg. Plan este IX.

En décrivant le plan général de ce Palais nous avons annoncé la décoration decette grotte dont nous donnons ici le plan Sc léievation comme un chef dœu-vre de fart pour le goût de lexécution. Son ordonnance est composée de qua-tre colonnes Toscanes isolées, dont le fust est orné de congeliations en deux par-ties , & au milieu duquei est une ceinture à la hauteur de fimposte continu quireçoit la retombée du cul de four des trois niches de cette grotte. Cet Ordreforme trois entrecolonnemens : celui du milieu est occupé par une grande nicheau-deíses de laquelle séleve un Attique servant damortissement à cette compo-sition. Cet Attique comprend un grand écusson Sc est couronné dun fronton cir-culaire ; íhr chaque petit entrecolonnement sont dun côté un Fleuve Sc de lautreune Nayade appuyés fur une urne. L'expression & la touche de ces figures fontde toute beauté, quoique d'une proportion un peu forte pour le diamètre descolonnes Sc des membres dArchitecture qui les reçoivent. Aux deux côtés de cefrontispice se remarquent des murs de terrasse, dont la dégradation fur le lieu Scîe deperissement de tout l'ouvrage, semblent reprocher à notre siecie lindiférenceque la plupart de nos François ont pour les ouvrages qui ne font pas de leur tems,