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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. III.
L
O.H A P ï T R E
Description du Jardin de S Hôtel de Chaulnes , stuc rue d’Enfer.
3VT O U S ne donnons ici que le plan du jardin de cet Hôtel, les bâtimens en
AI étant déja gravés dans d’Aviier, avec leur description, page 213 ; nous di-rons feulement ce qui a été obmis par cet Auteur , fçavoir , que ces bâtimensfurent élevés, en 1707, pour les Chartreux, fur les desseins de M. Courtonne O)Architecte du Roi. Ces Religieux vendirent cet Hôtel à vie à Madame la Du-chesse de Vendôme , qui le fit aggrandir Sc embellir, fous la conduite du fieur leBlond ; M. le Duc de Chaulnes l’occupe aujourd’hui Sc y fait fa résidence.
Le jardin de cet Hôtel est du dessein de M. le Blond, qui entendoit fupe-Tieurement cette partie. Il est contenu dans un terrain aííèz spacieux mais très-ìrréguîier, situé entre le clos des Chartreux Sc le jardin du Luxembourg. Cejardin est distribué de maniéré qu’en face du bâtiment, le Blond a pratiqué unetrès-grande partie découverte, occupée par un parterre de broderie mêlé de massifsde gafon Sc entouré de platte - bandes de fleurs ; le sommet de ce parterre estplus étroit que fa base, Sc reçoit fa forme de la palissade qui i’environne , qui latient elle-même de l’irrégularité du terrain , tant il est vrai qu’un homme intel-ligent fçait tirer parti du lieu le plus, ingrat, pour trouver des formes ingénieu-ses qu’un terrain plus régulier ne lui auroit peut-être pas fait naître. Ce qui con-tribue encore à rendre cette partie découverte plus agréable, c’est quelle est ter-minée heureusement par une portion circulaire , dont le coup d’œil est prolon-gé par l’allée A. Ce percé auroit néanmoins mieux réussi si Dallée avoit été te-nue plus large , & si on l’avoit terminée d’une maniéré plus reguliere, ou par quel-que objet intéressant, tel qu’un e figure, une niche, un Portique &c.
La portion circulaire dont nous venons de parler, a donné occasion à un bou-lingrin B, dont la forme fe joint avec celle du parterre d’une maniéré satisfai-sante ;-néanmoins il auroit été à souhaiter que Dallée C eût été repetée en D,ce qui auroit procuré une étoile dont le coup d’œil eût été fort agréable; l’alléeE auroit dû être aussi prolongée dans toute la largeur du terrain, vers F, Sc celleG lui être parallèle, ce qui auroit évité sangle trop aigu H; enfin l’allée I au-roit aussi dû être parallèle à celle K, qui Tétant avec celle A , auroit rendu ladistribution de ce jardin reguliere Sc prolongé de beaucoup les allées. La sallede verdure L auroit dû être tenue plus grande, Sc celle M d’une forme plus va-
(a) D’Aviier donne les desseins de cet Hôtel à Mr. leBlond, cependant Mr. Hupeau , Inspecteur Général desPonts & Chaussées, homme d’un mérite très-supérieur &ss’une probité universellement reconnue , m’a assuré qu’ilavoit oui dire à Mr. Courtonne qu’il avoit donné lesdesseins de cet Hôtel , de maniéré qu’il se pourroit bieníaire , comme cet édifice n’a été gravé qu’après les em-bellissemens faits par le Blond, qu’on en eut attribué lacomposition totale à cet Architecte.
Quoiqu’en général il paroisse indifférent à la plupartIdes-Lecteurs de íçavoir précisément le nom des Auteursdes bâtimens que nous donnons ici, néanmoins il paroîtnécessaire pour les Auteurs de ne pas donner aux uns lesouvrages des autres ; à propos de quoi je rapporterai quele Traité de la théorie du Jardinage connu fous le nomde le Blond, appartient à Monsieur dJArgenville , &que le Blond n’y a part que pour les desleins qui fonteffectivement de fa composition , à l’exception des der-niers que M. d 1 Argenville y a ajoutés dans fa quatrièmeBdition de 17^7.
Je prie à cette occasion les personnes qui s’intéref-
sent à ce Recueil de Y Archïtecíure Françoise , de mepasser les inadvertances presque indispensables dans unOuvrage de cette espece , ne sçachant à cet égard quece que l’on peut-m’en apprendre de vive voix. J’ai déja àce sujet rencontré quelques contradictions assez considé-rables , la plupart des propriétaires au bout de 20 annéesne pouvant très-souvent rendre compte du nom de leurArchitecte, de sorte qu’il ne me sera possible de remé-dier à ces fausses citations involontaires que dans la Ta-ble que j'ai promise à la fin du huitième Volume, en sup-posant néanmoins que d’ici à ce tems je ferai quelques dé-couvertes intéressantes soit par une recherche encore plusexacte que celle que je fais actuellement, soit par les avisqui me seront donnés par les personnes intéressées à cesmêmes édifices, & j’avertis dès à présent que l’Hôtel deMadame la Duchesse du Maine, premier Volume, Liv. II,Chap. II, que j’ai dit être du dessein de M. Gabriel le pere,sous la conduite de M. Aubert, esstout de ce dernier,ce quim’a aussi été confirmé depuis l’impreísion par M. Hupeauque j’ai déja cité au commencement de cette note.
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