^Portail 'de’So Nicolas■du Char-'-donnet.
C HAPITRE XVII
Description du Portail de VEglise Paroissiale de Se. Nicolas duChar donne t , situe rue des Bernardins.
L ’EGLIS'E ou est placé le portail dont nous donnons la description sut com-mencée en i6y6, attenant une ancienne Paroisse de ce quartier , qui avoit été,bâtie vers 1243. Celle dont nous parlons a été faite à plusieurs reprises Sc n’estpas encore rachevée , malgré le secours d’une loterie que le Roi accorda en 1709 ,dans le dessein que le bénefice de cette loterie fût employé à;fa continuation. Engénéral cette Eglise est bien bâtie & d’une ordonnance assez régulière, son in-térieur est décoré d'un Ordre Composé dont le chapiteau, d’une invention singu-lière, imite celui qu’on appelle communément chapiteau Attique, n’étant composéque d’un seul rang de feuilles. On remarque dans cette Eglise plusieurs excellonstableaux de Verdier, de Saurin, de Charles Coypel, de Milet Francisque, &c,Aussi bien que plusieurs tombeaux de personnages illustres, entre lesquels se re-marque celui de M. le Brun dont nous avons parlé Chapitre VI. page 44, (note c).
Comme cette Eglise n’est pas finie d u côté de l’entrée de la nef, il ri’y a pointde principal portail du côté de la rue St. Victor, celui que nous donnons ici, Plan-che premiere, est un portail collatérábsitué fur la rue des Bernardins.
Ce frontispice est traité d’une maniéré assez simple, pour ne pas dire pesante ,quoiqu’on ;aye fait choix ;de l'Ordre Ionique au rez-de-chaussée , couronné d’uneefpece d’Attique., - dont l’élegance neva point avec les intervalles des nuds des murstenus lices., lesquels ne s’accordent point á.vèc les étítablémens subdivisés, ni avec lalegereté des chambranles de la porte de.l’Ordre inférieur Sc de la croisée de l’Or-dre Attique. D’aiileurs la proportion'de Ces ouvertures & principalement celle del’Ordre supérieur, aussi bien que celle des croisées de celui d’en bas font trop peuélevées, faisant en général partie d’une ordonnance nommée moyenne.
Nous avons déja blâmé ailleurs i’usage d’un fronton dans le milieu de la hauteurd’un monument de l’eípece dorit nous parlons, il est aisé de s’appercevoir combiençelui-çi eût fait un meilleur : estet placé áu sommet de ce portail. Premierement,il auroit servi d’amortissement à~ la partie superreure de l’avant-corps de ce frontis-pice Sc masqué le comble à la mansarde dont la forme n’est pas du ressort del’ordonnance d’un édifice sacré. En second lieu , il auroit procuré une hauteur con-venable à la croisée du premier étage V qui se ressent ici de la proportion d’unecroisée Attique, mais qui dans.ce cas ne peut être en plein-ceintre.
Pour éviter les licences que nous .venons de remarquer, il semble qu’il.auroitfallu groupper ou accoupler deux pilastres de chaque côté de l’avant-corps de laporte , .tant au rez-de-chaussée qu áu premier étage ; suprimer le fronton de l’Or-dre Ionique pour le placer au-dessus de l’Ordre Attique, Sc faire ce dernier plusélevé pour lui donner le caractère d’un Ordre régulier, ou au contraire plus rac-courci pour qu’il eût eu la vraie proportion d’un Attique , n’étant ici ni l’un nil’autre, quoique couronné d’un chapiteau Sc d’un entablement rélatifs, en quel-que forte, a l’Ordre Composite.
Nous remarquerons à propos de cet édifice qu’il est important de s’élever contrel’abus dans lequel tombent quelques uns de nos Architectes , lorsqu’en composant laplupart de leurs édifices ils affectent de réduire la proportion de leur Architectured’une maniéré arbitraire , contre tous les principes établis par les anciens pour dé-terminer ia dimension constante des Ordres. Cependant il est certain que ce fontles exemples de ces bâtimens licencieux, qui par l’eíprit d’indépendance qu’ils
inspirent