ARC HITECTURE F R A N Ç O I S E, Li y. I II. 93
inspirent deviennent la source de i’irrésoludon dans laquelle se trouvent les hom-mes peu versés dans sart. Cette incertitude leur fait par succession de tems mul-tiplier les licences au point qu ii seroit à craindre, si son ne s’opposoit a ce dé-règlement j que sArchitecture ne retombât dans fêtât où nous savons vue du temsdes Goths. Il n’est que trop facile de s’appercevoir aujourd’hui qu’à l’exceptiondes Architectes nourris des préceptes fondamentaux de leur profession, le plusgrand nombre fe contente des connoissances superficielles de leur art;de-là leséleves de nos jours peu disciplinés, peu instruits, fe ressentent de ce rélâchement,& leurs productions dépourvues de principes stables & constans ne nous présen-tent que des compositions chimériques & hasardées, dans lesquelles souvent onn’apperçoit pas même les premiers éiemens de sArchitecture.
On trouvera fur la Planche II les dévelopemens particuliers de ce portail; cesdétails ont été faits lorfqu’anciennement 1 on a fait graver ce frontispice. Nousaurons toujours cette attention pour tous les monumens qui paroîtront en mériterla peine , Sc nous aurons foin de rassembler ces profils, comme nous savons pro-mis , dans le VIII Volume. A l’égard de la Planche dont nous parlons Sc que nousavons laissé subsister ici, ainsi que plusieurs autres répandues dans ce Volume,parce qu elles étoient gravées anciennement, nous observerons que sentablementIonique n’a que le cinquième de la hauteur de cet Ordre, pendant au contraireque celui de sAttique a le quart du sien, contre tous les préceptes établis par lesAuteurs les plus approuvés. Le piédestal de s Ordre Ionique n’a aussi de hauteurque le cinquième, au lieu que celui de sAttique a les trois huitièmes, ce quiest tout à fait à rejettes. D’ailleurs ces piédestaux font répartis de membres pe-fans Sc peu analogues à la subdivision des entablemens dont les moulures fontd’un choix assez médiocre. Les frises bombées de ces entablemens doiventaussi être regardées comme une licence dont il ne faut point faire un usagetrop fréquent. Nous remarquerons encore que la base de s Ordre Ionique n estici que Dorique, & que celle de l’Ordre seperieur est Attique, au lieu que cedevroit être tout le contraire. Enfin toute cette Architecture a trop peu de relief,ce qui donne en général à la décoration de ce portail un caractère de sechereísequi ne va point avec les parties lisses dont nous avons parlé en décrivant l’ordon-nance totale de ce frontispice.
CHAPITRE XVIII.
Description de ïHôtel de Vauvray , rue de Seine , ■& de la Fontainestuee au coin de cette rue & de celle de S. FiStor,
HOTEL DE VAUVRAY.
C ET Hôtel, qui appartient à Madame la Marquise de Vauvray, est donnéà loyer à un particulier; on ignore le tems où il fut bâti; tout ce qu’onen fçait c’est que les desseins en surent donnés par M. Bullet (V), Architecte
la) Mr. Bullet étoit Architecte du Roi, & de l’Acadé- l’Abbé Lambert dans son Histoire Littéraire du régné demie Royale d'Architecture; il vivoit sur la fin du dernier Louis XIV. II est vrai qu’à cet égard on ne doit pas beau-siécle, & fit imprimer en 1691 P Architeóîure pratique , coup s’en rapporter à cet Auteur, car il donne auffi à Bul-ou le détail du toisé & des devis des ouvrages de maçon- ' let les Portes de St. Denys & de St. Bernard ,, que nousnerie, de charpenterie , &c, avec une explication de la sçavons être de François Blondel, dont P Abbé LambertCoutume de Paris,en un Volume in- 8°. La porte 8. Mar- affecte de ne pas parler dans ses hommes illustres, quûi-tin, le Château d’Iffy,& la nouvelle Eglise des Jacobins qu’à bien des égards cet Architecte mérite le premier rangdu Faubourg St. Germain font de ce célébré Architecte, parmi les Ecrivains du dernier siécle qui ont traité desdu moins, à ce que nous allure, pour cette derniere, Mr. beaux arts,
Tome U. A z
Portail deS. Nicolasdu Char-donnet.
Hôtel deVauvray,