ARCHITECTURE F R A N ÇO I SE, L i v. IV. 109
termine par des amortissemens d’une très-grande richesse ainsi que toute leur or- E 1 gl ^.^ ! edonnance. Nous avions promis le dessein de ces Chapelles en particulier , maisnous ne le donnerons que dans le septième Volume avec les principaux détailsdes profils de menuiserie du chœur de cette Eglise qui sont de toute beauté.
De la décoration du chœur de r Eglise de Notre-Dame en général.
Pour prendre une idée générale de cette décoration il saut d’abord examinerles Planches III & IV qui chacune à part donnent une idée du total en faiíantsentir séparément les beautés des détails de chaque partie qui les compose. Ce-pendant avant que d’y passer, nous observerons que quoique la réputation quecet ouvrage s’est acquise semble ne mériter ici que des éloges, nous ne pouvonsnéanmoins nous empêcher de faire remarquer que la grandeur du vaisseau, la ri-chesse de la matière 8c la beauté inimitable de l’exécution font peut-être les seulsmotifs qui ont attiré à ce monument le suffrage des Citoyens & des étrangers.
Car à parler fans prévention, cette ordonnance prise en général n’offre rien degrand, de majestueux, ni de noble dans fa composition : point d*Architecture,point de masses, point de repos , qui font les seuls caractères distinctifs de la dé-coration d’un Temple. Il est vrai que la peinture, la dorure, le marbre, le bron-ze 8c le bois font travaillés ici avec tant d’art qu il n’est peut-être point d’édisi-ce dans ce genre en France qui puisse présenter tant d’objets différons, 8c quisoient plus utiles à imiter chacun en particulier. Cette considération nous va faireparler de ces différons détails chacun à part, comme autant de chef-d’œuvresdont on ne peut trop conseiller l’examen à nos jeunes Artistes, les ornemens quiles composent ne se ressentant point de la frivolité de ceux qui ont pris faveurdans notre décoration intérieure depuis f exécution de ce monument.
Elévation du chœur de Notre-Dame vu de face. Planche III.
1 /Autel qui se volt ici est isolé & construit de marbre d’Egypte revêtu d’or-nemens de bronze doré d’un fort bon goût de dessein 8c d’une belle exécution.
Aux deux extrémités de cet Autel font deux Anges adorateurs, austì de bronze,portés fur des enroulemens de même matière, le tout de l’exécution de Cayot ,Sculpteur de réputation. Sur cet Autel est un gradin de marbre blanc, au milieuduquel est un cartel de bronze par Antoine Vasé , qui sert de piédestal à un Cru-cifix d’Orphévrerie d’un excellent travail, aussi bien que les six chandeliers qui
son oncle , habile Sculpteur qui jouissoit d’une grande ré* gratifia à cette occasion Nicolas Cousiou d’une pension.'putation. Le détail de ses ouvrages nous meneroit trop de 500 liv. réversible à Guillaume Coustou son frere àloin: on peut consulter à ce sujet l’éloge historique de qui elle accorda une pareille pension pour la figure'duce grand homme, & ce que Mr. l’Abbé Lambert en Rhône dont elle avoir chargé ce dernier. On voit austì.a dit dans le Tome III de son Histoire Littéraire de différentes choses de lui aux invalides , entr’autres plu-Louis XI V , page 318; c’est pourquoi nous ne rappor- sieurs groupes de Prophètes dans la Chapelle de St. Gé-rerons ici que les principaux. Le jardin du Palais des rôme, une figure de huit pieds de proportion qui repré-Thuilleries est rempli de ses ches-d’œuvres : on y voit fente P Ange tutelaire de la France, posée sous la tribu-entr’autres la figure de Jules César, placée à l’extrémité ne de la nef, & diverses figures de plomb & de pierrede la grande allée , vis-à-vis le grand baísin , & le groupe placées fur le haut de l’Eglise, &c. Le tombeau du Prin-de la Seine & de la Marne, de l’autre côté du même bas- ce de Conty, qui est dans le chœur de P Eglise de S. An-sin, proche le pont tournant : sur la grande terrasse qui dré des Arts, est aussi un morceau digne de remarque,régné au pied de ce même Palais on remarque encore trois Enfin on voit à Marly plusieurs ouvrages de fa main , telsfigures de cet habile Artiste, l’une qui représente un chai- que les deux groupes de chasseurs placés derriere le Cha-se ur assis ayant un chien à ses pieds, les deux autres font teau , & dans un des petits bosquets de ce même jar-des Nymphes avec des attributs de chasse. Ces ouvrages din un Apollon qui court après Daphné, &c. Ses der-font l’admiration des curieux & des connoisseurs & font nieres productions font une statue en marbre du Maréchalau-dessus de tout éloge. II exécuta en bronze pour la de Villars, qui est au fond du petit jardin de l’Hôtel deVille de Lyon la figure de la Saône qui .accompagne la ce nom, & le tombeau du Cardinal de Janson placé dansstatue équestre de Louis XIV que cette Ville fit ériger lé chœur de la Cathédrale de Beauvais. II mourut à Pa»en l'honneur de ce Monarque fur la place de Bellecour. ris le premier Mai 173 3 ? âgé de 7y ans.
La Ville de Lyon fut si contente de cette figure qu’elle
Tome II, È e
O