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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. IV.
^lîse.íe tre ^ Ute ^, & lettres F, G les gradins qui elevent cet Autel du plain-pied du. Dame. chœur de cette Eglise. Au bas de chacun des pilastres qui décorent les six pié-droits des arcades placées de chaque côté du sanctuaire, est posé sur un cuidelampe un Ange de bronze ; deux de ces Anges ont été modelés par Vancleve ,un par Poirier , un par Hurtrel, un par Magniere , Sc le sixième par Anselme Fla-me n ; Vancleve a jette en fonte les deux dont il a fait les modelés, Sc Roger Scka-bal les quatre autres. Ces figures portées par des culs de lampe auroient été sou-tenues plus convenablement par des piédestauxcette maniéré d’élever des sta-tues paroît trop postiche Sc ne peut être tolerée que dans des décorations instan-tanées. Nous avons déja blâmé cette licence dans ce Volume en pariant de i’in-terieur de 8. Sulpice, page 41, A quoique ces figures ne masquent pas ici des pi-lastres d’Ordres d’Architecture, ils n en doivent pas être plus recevables dans- unedécoration grave Sc régulière.
La baye des arcades qui entourent le sanctuaire est fermée par des grilles deTer doré d’une très belle exécution Sc enrichies d’ornemens d’un travail fort re-cherché, mais en général ces grilles íbnt trop surchargées Sc se ressentent du dé-tail trop affecté répandu dans toute sordonnance de cette décoration. Cette tropgrande richesse est contraire à la retenue qu’on doit observer dans un édifice sa-cré , Sc que nous avons applaudie dans la description de l’Egiíse du Val-de-Grace,qui est peut-être le seul monument décoré intérieurement selon les réglés de laconvenance , Sc conformément à ridée qu’on doit se former d’un lieu destiné aurecueillement Sc à la méditation.
A côté de ces arcades on voit ici une des portes collatérales marquées C, quiíbnt d’une forme & d’une proportion assez sage. Proche de cette porte est unetribune ou chaire Episcopale, dont nous avons parlé , qui simétrise avec celle quilui est opposée. Ces chaires, qui font toutes de menuiserie, sont d’un dessein très-élégant, d’une belle exécution, Sc composées d’ornemens d’un très-beau choix,mais en général elles font trop ornées. Il est vrai qu’ii est assez d’usage de recher-cher le travail de cette matière, mais il faut prendre garde que la disposition Scle choix de ses ornemens ne tienne pas trop de la décoration d’un appartement, Scles exemples de cette eípece qu’on remarque dans plusieurs dè nos Eglises mo-dernes ne doivent pas prévaloir fur la convenance du lieu. Cette imitation estd’autant plus vicieuse ici qu’il s’agit de la décoration d’une Eglise Métropolitaineoù la richesse de la matière Sc la beauté des formes doivent avoir la préférencefur la multiplicité des ornemens , quelle que soit la beauté de leur exécution.Sans doute que ces tribunes qui se trouvent à la tête des formes Sc qui doiventavoir une prééminence fur ces dernieres, ont porté à cette richesse indiscrette,mais alors il falloit réduire cette idée de magnificence, en général, observer plusde repos, admettre plus de grandes parties, Sc faire en forte enfin que s Archi-tecture dominât absolument. Il y a trop de sculpture ici, Sc quoique cet art soitprincipalement destiné à decorer sinterieur des Temples aussi bien que les Palaisdes Rois, du moins faut-il qu’il paroisse être mis en mouvement par l’Architec-ture , comme la base fondamentale de tous les arts libéraux qui en dépendent.
Cette chaire B est destinée pour l’Archevêque de Paris ; le bas-relief Sc lesprincipaux ornemens qui la décorent representent l’histoire du martyre de S. De-nys. Sur celle qui est vis-à-vis est representée la guérison du Roi Childebert , par^intercession de St. Germain, Evêque de Paris.
On voit fur cette même Planche l’élevation du revêtissement de menuiseriequi régné au-dessus des formes d’un des côtés de l’Eglise Sc au-dessous duquel estexprimée fa décoration Sc sordonnance des formes, hautes Sc basses qui serventde siégé aux Chanoines. Ce magnifique ouvrage est de l’exécution de Du Goulon ,un des plus fameux Sculpteurs en bois du commencement de ce siéese^ Sc mé-rite