A R C H ITECTURE FRANÇOISE, L i y. L y."
hauteur le tiers de celle des colonnes Ioniques ; i entablement, dont la frise estbombée, en a le quart. Âu-dessus de cet entablement s’éleve un piédestal tenu en-tre le tiers Sc le quart des quatre colonnes Corinthiennes qui sont au-dessus &qui marquent dans toute la hauteur de cet édifice l’avant-corps du milieu, lesparties collatérales de ce frontispice n’étant composées que des Ordres DoriqueSc Ionique. L’entabíement de f Ordre Corinthien a de hauteur environ les sixvingtièmes des colonnes qui le portent. Cette élévation, qui est très-considérableSc contre tout exemple, semble néanmoins pouvoir être autorisée ici, non-soule-ment parce que cet entablement est élevé de 138 pieds Sc demi du sol, maisaussi parce que la cimaiso sopérieure étant supprimée dans toute sir longueur, àcause du fronton , cette suppression diminue sensiblement à soeil la hauteur réelledu même entablement. D’ailleurs comme il se trouve faire des ressauts assez pro-fonds Sc qu’il est surmonté d'un fronton circulaire dont la forme est plus massiveque s’ìi étoit triangulaire, ce fronton devoit avoir pour base un entablement d’uneproportion plus élevée qu à f ordinaire. Cette raison qui paroît assez vraisembla-ble ne nous empêchera pas de remarquer néanmoins que cette extrémité supé-rieure ainsi forcée de proportion, paroît anéantir la hauteur des colonnes Corin-thiennes , qui comparées avec les colonnes Ioniques paroissent beaucoup tropcourtes, ayant déja réellement trois pieds de hauteur de moins que ces dernieres ;de sorte que ces trois entrecolonnemens Dorique, Ionique, & Corinthien doncles hauteurs sont dissemblables sous une même largeur donnée par saxe des co-lonnes qui est commun à ces trois Ordres, rendent la hauteur des arcades Ioni-que Sc Corinthienne, ainsi que leurs piédroits, d’une proportion opposée au ca-ractère moyen Sc délicat de ces deux Ordres sopérieurs.
Ces inadvertances contraires aux principes de l’art me feroìent croire que laréputation que cet édifice s’est acquise jusqu’à présent ne vient que de ce quelorsqu il fut bâti il fut considéré comme le plus magnifique ouvrage de ce genre,principalement lorsque celui des grands Jésuites (h) qu’on éleva quelques annéesaprès fut entierement achevé, ce dernier semblant n’avoir été érigé que pourrendre celui de S. Gervais plus digne de fadmiration des connoiiíèurs de ce terns.En effet ce portail, malgré les irrégularités que nous venons de remarquer, nelaisse pas que de s’attirer le suffrage de la multitude qui est ordinairement dansl’habitude d’appiaudir par la voix de la renommée. Pour nous qui nous sommesproposés de rendre compte du vrai beau & d’entrer dans tous les détails de fart,nous croyons pouvoir avancer que cet édifice n’a de véritables beautés que parfa grandeur & par fa forme piramidale, Sc quil auroit mieux vallu supprimer letroisième Ordre ou plutôt tout i’étage Dorique; par ce moyen on auroit évité ladifformité des piédroits Sc le défaut de proportion des arcades, qui étant multi-pliées les unes au-dessus des autres ne peuvent jamais conserver une proportionanalogue à l’expression de chaque Ordre en particulier, d’où il résulte une dis-sonance qui blesse les yeux intelligens. Or comme il saudroit pour discuter icitous les abus que produit l’assemblage de plusieurs Ordres élevés i’un fur l’autre,entrer dans le détail des mesores de chaque membre à part, Sc avoir premiere-ment expliqué leur dénombrement, nous renvoyons au huitième Volume où l’onfera voir les erreurs qui fe font introduites dans notre maniéré de bâtir en Fran-ce , en expliquant d’abord les principes élémentaires des Ordres, ensuite en le scomparant les uns avec les autres, Sc enfin en donnant un parallèle des princi-
(h) Ce fût le Cardinal de Richelieu qui fît la dépense avoít pareillement sait des projets pour cette Eglise ainíîdu portail de la Maison Professe des Jésuites de la rue S. que pour son portail, en concurrence avec le Pere Dérand .Antoine. La premiere pierre en fut posée par Louis XIII Voyez ce que nous avons dit du Frere Martel Ange»en 1627. Cet édifice fut bâti fur les desseins du Pere page 46 de ce Volume, en décrivant le portail du Novi-Dèrand, Jésuite, qui l’emporta, je ne sçai par quelle sa- ciat des Jésuites, rue du Pot de Fer.talité, fur le Frere Martel Ange, de la même Société, qui
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