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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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A R C H ITECTURE FRANÇOISE, L i y. L y."

hauteur le tiers de celle des colonnes Ioniques ; i entablement, dont la frise estbombée, en a le quart. Âu-dessus de cet entablement séleve un piédestal tenu en-tre le tiers Sc le quart des quatre colonnes Corinthiennes qui sont au-dessus &qui marquent dans toute la hauteur de cet édifice lavant-corps du milieu, lesparties collatérales de ce frontispice nétant composées que des Ordres DoriqueSc Ionique. Lentabíement de f Ordre Corinthien a de hauteur environ les sixvingtièmes des colonnes qui le portent. Cette élévation, qui est très-considérableSc contre tout exemple, semble néanmoins pouvoir être autorisée ici, non-soule-ment parce que cet entablement est élevé de 138 pieds Sc demi du sol, maisaussi parce que la cimaiso sopérieure étant supprimée dans toute sir longueur, àcause du fronton , cette suppression diminue sensiblement à soeil la hauteur réelledu même entablement. Dailleurs comme il se trouve faire des ressauts assez pro-fonds Sc quil est surmonté d'un fronton circulaire dont la forme est plus massiveque sìi étoit triangulaire, ce fronton devoit avoir pour base un entablement duneproportion plus élevée qu à f ordinaire. Cette raison qui paroît assez vraisembla-ble ne nous empêchera pas de remarquer néanmoins que cette extrémité supé-rieure ainsi forcée de proportion, paroît anéantir la hauteur des colonnes Corin-thiennes , qui comparées avec les colonnes Ioniques paroissent beaucoup tropcourtes, ayant déja réellement trois pieds de hauteur de moins que ces dernieres ;de sorte que ces trois entrecolonnemens Dorique, Ionique, & Corinthien doncles hauteurs sont dissemblables sous une même largeur donnée par saxe des co-lonnes qui est commun à ces trois Ordres, rendent la hauteur des arcades Ioni-que Sc Corinthienne, ainsi que leurs piédroits, dune proportion opposée au ca-ractère moyen Sc délicat de ces deux Ordres sopérieurs.

Ces inadvertances contraires aux principes de lart me feroìent croire que laréputation que cet édifice sest acquise jusquà présent ne vient que de ce quelorsqu il fut bâti il fut considéré comme le plus magnifique ouvrage de ce genre,principalement lorsque celui des grands Jésuites (h) quon éleva quelques annéesaprès fut entierement achevé, ce dernier semblant navoir été érigé que pourrendre celui de S. Gervais plus digne de fadmiration des connoiiíèurs de ce terns.En effet ce portail, malgré les irrégularités que nous venons de remarquer, nelaisse pas que de sattirer le suffrage de la multitude qui est ordinairement danslhabitude dappiaudir par la voix de la renommée. Pour nous qui nous sommesproposés de rendre compte du vrai beau & dentrer dans tous les détails de fart,nous croyons pouvoir avancer que cet édifice na de véritables beautés que parfa grandeur & par fa forme piramidale, Sc quil auroit mieux vallu supprimer letroisième Ordre ou plutôt tout iétage Dorique; par ce moyen on auroit évité ladifformité des piédroits Sc le défaut de proportion des arcades, qui étant multi-pliées les unes au-dessus des autres ne peuvent jamais conserver une proportionanalogue à lexpression de chaque Ordre en particulier, d il résulte une dis-sonance qui blesse les yeux intelligens. Or comme il saudroit pour discuter icitous les abus que produit lassemblage de plusieurs Ordres élevés iun fur lautre,entrer dans le détail des mesores de chaque membre à part, Sc avoir premiere-ment expliqué leur dénombrement, nous renvoyons au huitième Volume lonfera voir les erreurs qui fe font introduites dans notre maniéré de bâtir en Fran-ce , en expliquant dabord les principes élémentaires des Ordres, ensuite en le scomparant les uns avec les autres, Sc enfin en donnant un parallèle des princi-

(h) Ce fût le Cardinal de Richelieu qui fît la dépense avoít pareillement sait des projets pour cette Eglise ainíîdu portail de la Maison Professe des Jésuites de la rue S. que pour son portail, en concurrence avec le Pere Dérand .Antoine. La premiere pierre en fut posée par Louis XIII Voyez ce que nous avons dit du Frere Martel Ange»en 1627. Cet édifice fut bâti fur les desseins du Pere page 46 de ce Volume, en décrivant le portail du Novi-Dèrand, Jésuite, qui lemporta, je ne sçai par quelle sa- ciat des Jésuites, rue du Pot de Fer.talité, fur le Frere Martel Ange, de la même Société, qui

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