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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. IV.

CHAPITRE VIE

Description de la Maison de M .. le Président Lambert, smëe à la pointeOrientale de lise Notre-Dame, & appartenante à M, Marin de laHaye * Ecuyer , Vun des Fermiers Génëraux de Sa Majejle ;

C ETTE Maison sut bâtie vers le milieu du siécle précédent pour M. Nicolas Kíaìron àLambert de Torigny , Président en la Chambre des Comptes, sor les desseins à/àde Louis le Veau, premier Architecte du Roi ; eníuite ayant été acquise par M. Du-pin, Fermier Général, il la vendit à M. le Marquis du Châteiet-Laumont, qui de*puis Ta cédée à M. de la Haye» La vue de cette belle maison s’étend fort loinsor une campagne agréable, Baignée de la riviere de Seine qui vient battre anpied de cet édifice, dont la décoration extérieure de ce côté est traitée d’ungoût mâle, simple Sc noble. La décoration intérieure répond à la majesté desdehors, & est ornée des plus excellens ouvrages des deux plus habiles Peintresqui vivoient alors, Charles le Brun (aj & Eujlache le Sueur (Jbj. Voyez la descrip-tion Sc le recueil de ces merveilles du dernier siécle destinées Sc gravées par Ber-nard Picard , mis au jour par du Change, Graveur du Roi, en 1740»

Plan au rez-de-chaussée de la Maison de M. Lambert . Planche premiere.

Cet étage est destiné aux écuries, remises, cuisines Sc offices de cette mai-son ; les murs de réfend font assujettis à la distribution de i’étage de dessus,ce rez-de-chaussée étant compris dans la hauteur d’un soubassement dont le des-sus du plancher égale le niveau d’une terrasse pratiquée dans toute l’étendue dut erre-plein marqué dans cette Planche, Sc dont on volt la coupe, Planche VI.

La principale porte de ce bâtiment est du côté de la rue Saint Louis Sc don-ne entrée à un porche de vingt pieds de profondeur qui détermine celle du corpsde logis simple qui s’éleve au - destus & qui fait retour , aussi bien que dans lefond de la cour, en s’étendant à droite du côté du jardin en terraíîè. Tous cesbâti'mens font élevés de deux étages sor le soubassement dont nous parlons,

Sc ils déterminent la grandeur de la cour qui a de longueur 54 pieds sor 47 delargeur ; cette cour est arrondie dans les deux angles opposés à l’entrée, Sc dansle corps de logis du fond est placé le grand escalier à deux rampes construit touten pierre, Sc d’une disposition aussi commode qu’ingénieusement distribuée.

Tout ce rez-de-chaussée dégage par le Quay d’Alençon, appellé présentementQuay d Anjou, qui forme la tête de Piste Notre-Dame, connue sous le nom diseSt. Louis , à cause de la Paroisse ( c ) de^ ce nom, qu’on y a élevée en 1664 , Sc de

(a) Voyez ce que nous avons dit de M. le Brun au com-mencement de ce Volume, page 44.

(b ) Eujlache le Sueur , né à Paris en 1 61 7, fut disci-ple de Simon Vouet : il passe pour un des plus grands des-sinateurs que l’Ecole Françoise ait produite, & fans avoirjamais vu l’Italie ses compositions tiennent autant du goûtde l’Antique que s’il y avoit passé toute fa vie : il a mê-me beaucoup approché de la maniéré de Raphaël qu’ils’est toujours proposé pour modele. Ses ouvrages font ré-pandus dans diverses Eglises & dans quelques maisonsparticulières de cette Capitale : on admire fur - toutîe May de Notre-Dame qui représente les Livres con-damnés au feu par St. Paul & brûlés en fa présence ; leChrist mourant des Capucins de la rue S. Honçré, ainsi quelaMagdelaine & le S. Laurent qu’on volt de lui à S. Ger-main de l’Auxerrois, fans parler des deux tableaux qu’ily a de cet excellent Artiste dansl’Eglife de Sç, Gervais,Tome II.

Le tableau qu’il fit pour fa réception à la Communauté desMaîtres Peintres de Paris,avant rétablissement de l’Acadé-mie Royale de Peinture, est encore un de ses plus beauxmorceaux ; on y voit St. Paul guérissant un possédé. Enfince qui a attiré à ce célébré Artiste le plus de réputationce font les ouvrages que nous avons de lui dans la Mai-son que nous décrivons, tels que la naissance del’Amour,la chute de Phaeton , les neuf Muses, Scc ; aussi bienque l’histoire de la vie de Saint Bruno qu’il a représen-tée dans le petit cloître des Chartreux en vingt - deuxtableaux qui font autant de chef-d’oeuvres, & qui prou-vent bien qu’il eut été capable de disputer le premierrang à tous les Peintres de son tems si une mort tropprécipitée ne Peut pas enlevé à 1 âge de trente-huit ans,en Mai 166y. II fut enterré à St. Etienne du mont.

(o) Cette Paroisse est la feule Egliîe qu’il y ak danscete Iste ; elle fut commencée fur les desseins de Louis le

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