Buch 
2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
Entstehung
JPEG-Download
 

ARCHITECTURE FR ANÇ.OISE, Liv, IV.

Maison He trouve servir -de décoration à une très-grande arcade , qu’il ne consiste qu’en deux£rt. Lam " pilastres, Sc qu’il est interrompu dans les retours par un soubassement refendu Sc‘d une proportion courte Sc massive, de maniéré que Tinégalité de la hauteur duplinthe de ce soubassement avec celui de Fimposte, la différente ouverture descroisées , & leurs formes diverses couronnées néanmoins par un entablement com-mun, présentent des parties séparées qui nuisent à l’accord total; ce qui pourroitfaire regarder le Veau comme un Architecte qui a préféré dans ses productionsune variété ingénieuse à funiformité d’une même ordonnance, mais néanmoins àqui on ne peut refuser une assez grande correction dans ses profils Sc une certainefermeté dans ses contours' qui le rendent estimable aux yeux des connoisseurs,■malgré les licences dont il a usé dans le bâtiment que nous décrivons. Parmi ces•licences, celle d’avoir profilé très camus la corniche de son entablement Dorique■n est pas la moins considérable , aussi bien que d avoir supprimé totalement la ci-maise supérieure de cette même corniche dans tout le pourtour de la cour, ài’exception des avant-corps seulement, ainsi qu on peut le remarquer dans la Plan-che suivante.

Coupe fur la profondeur du bâtiment. Planche V.

On volt par cette coupe Tune des ailes de la cour qui diffère de Félévationprécédente en ce qu’elíe est compoíee de deux étages réguliers élevés sor un sou-bassement , aussi bien que le corps de logis du fond de la cour, où est placé legrand escalier dont nous avons parlé. Les croisées de cette aile de bâtiment sont■d’une assez belle proportion, mais comme elles n’cnt acquises leur hauteurqu’aux dépens de la pénétration de leur bandeau avec Farchitrave de Fentable-ment qui les couronne, on peut ranger cet expédient au nombre des licencesqu’il faut éviter absolument dans l’ordonnance d’une Architecture Tailleurs graverégulière. Cependant on remarque dans cette décoration une beauté d’exécu-tion, & un íçavoir dans cette efpece de désordre, qui semble effacer ces licences :tant il est vrai qu’un habile Artiste se montre toujours, Sc que malgré son peu desévérité ses productions sont souvent préférables à une composition plus régulièreen apparence, mais qui ne présente aux spectateurs qu’une ordonnance froide Scinsipide !

Nous avertissons néanmoins qu’il ne faut pas imiter de trop près les licencesdont on parle ici : je crois Fa voir déja dit ailleurs, il faut du mérite pour sçavoirdistinguer ce qui peut être suivi, Sc beaucoup d’expérience Sc de capacité pouroser faire usage de ces exemples ; autrement ils ne fervent le plus souvent qu’àouvrir une carrière aux demi sçavans qui prennent pour autant d’autorités les par-ties accessoires qu’un habile Architecte a cru devoir risquer dan s son édifice enfaveur du bien général qui en revient au total. Or comme ces imitateurs n’ont nile même besoin , ni la même intelligence, ils font parade de ce que leur origi-nal avoit pris soin de masquer ou de cacher dans les parties les moins importan-tes de ses bâtimens, d’où résolte le désordre que quelques-uns introduisent aujour-d’hui dans leur décoration extérieure.

Aux deux côtés de l’aile de bâtiment dont nous venons de parler on voit enA ,1a coupe du corps de logis fur la rue, & celle du corps de logis du fond de lacour marquée B ; c’est dans cette derniere qu o n apperçoit le développement dugrand escalier. La lettre C exprime la rampe qui conduit à l’appartement du pre-mier étage, Sc par laquelle, ainsi que nous lavons déja dit, on doit être des-cendu pour du pallier D remonter une pareille rampe qui lui est opposée, Scparvenir au niveau des appartemens placés en aile au dessus du soubassement, vis-à-vis de celle que nous venons de décrire. La lettre E marque le pallier du deu-xième