A R C H I TE C T U RE F R ANÇOÌSË, £ 7^ IV. ~ î2p
xléme étage qui communique de plain-pied aux deux ailes en retour fur ia cour;voyez la Planche III. La coupe marquée A montre le développement du por-che Sc de la porte d’entrée, au-dessus de laquelle par l’entrefole F on communi-que aux deux ailes dont il vient d’être fait mention, fans être obligé au premierétage de passer par le grand escalier. Ce corps de logis fur ia rue ne s’éléve pasaussi haut que le reste du bâtiment, une plus grande élévation fans doute auroitrendu la cour trop sombre, ayant déja remarqué qu’elle étoit d’une médiocregrandeur. Cette observation, qui est importante ici, doit engager à ne pas critiquerinconsidérément un bâtiment Sc à examiner, avant que de porter son jugement surun édifice, si des raisons de convenance ou quelques fujettions particulières n ontpas porté l’Architecte à prendre une route contraire à celle que dans toute autrecirconstance il auroit suivie s’il sseut pas été assujetti par des raisons essentielles quiailleurs ne pourroient avoir lieu.
Elévation du fond de la cour Ò* façade du coté du jardin, avec les coupes en retour des
deux ailes de bâtiment. Planche VI.
L’avant-corps marqué A est composé au rez-de-chaussée d’un Ordre Doriquede même proportion que celui dont nous avons parlé, Planche IV, mais ici il est sur-monté d’un Ordre Ionique d’une proportion très-licentieufe , car non-feulemencil est plus court d’un diamètre que l’Ordre de dessous, contre tout principe d’op-tique, mais fa base porte immédiatement fur la corniche Dorique dont la failliealtéré une partie de la hauteur réelle de cet Ordre. D’aiileurs ía balustrade pla-cée dans les entrecolonnemens vient pénétrer d’une maniéré vicieuse le fust infé-rieur des colonnes Sc sert à rendre la proportion du grand entrecolonnement tropcourte, relativement à l’expression moyenne de l’Ordre Ionique , & comparéeavec l’entrecolonnement de l’Ordre Dorique de dessous qui est trop svelte : inad-vertance qui n’est pas tolérabíe. On peut observer aussi que la faillie de cet avant-corps n’est pas assez marquée , Sc que ce peu de relief ne peut aller avec les gran-des ouvertures des entrecolonnemens Sc la capacité totale de cet avant-corps quiétant terminé dans fa partie supérieure par un fronton, fembloit exiger une fail-li e plus mâle Sc plus nourrie.
L’aile de bâtiment du côté du jardin, marquée B,-est d’une Architecture biendifférente : grande, simple, noble Sc majestueuse, elle semble faite pour détruirecelle dont nous venons de parler. Un grand Ordre de pilastres Ioniques qui embrassedeux étages Sc qui a trois pieds deux pouces de diamètre, décore tout ce bâtiment dece côté . Ces pilastres font couronnés d’un entablement du quart de la hauteur del’Ordre, leurs intervalles font percés par de grandes ouvertures qui n’ont ni cham-branle ni bandeau, mais elles font feulement séparées par un plinthe horizontal tenutrès méplat. Cet Ordre colossal est terminé par un Attique dont la proportion tropcourte Sc la saillie considérable de l’entablement qui le soutient masque une partie dela hauteur , défaut qu’il faut sçavoir éviter, parce qu’autrement les croisées Sc lespilastres de cet Attique,vues d’en bas,paroissent trop écrasées. Nous remarquerons aussique les croisées du premier étage font trop élevées pàr rapport à celles du des-sous , Sc si la nécessité a obligé d’élever leur claveau jusques dessous l’architrave,à causé de la lumière qu’on a voulu procurer dans l’intérieur de la gallerie, du-moins falloit-il fe passer de balcon à ces croisées ; par là elles auroient acquisesune proportion plus convenable Sc auroient nourri le milieu de la hauteur desentrepilastres dont l’elégance Sc la légèreté ne va point avec la fimplické Scle caractère mâle qui régné dans l’ordonnance de toute cette façade.
Les coupes C, D montrent le développement Sc la hauteur intérieure des pin-ces qui règnent dans les deux ailes fur la longueur de la cour. On n’a expriméTome II. K k
Maison deMr. Lam-bert.