ARCHITECTURE F R A N Ç O X S E, L i v. IV.
Nous finirons ces remarques en faisant observer que la distribution du pian de•ce Portail, l’ordonnance de sa décoration, le choix de les ornemens, Sc Inexacti-tude de son exécution le rendent très-recommandable aux connoisteurs impartials,malgré les divers assemblages des parties qui le composent. Cette considérationnous a déterminé à le joindre à ce recueil, la comparaison des divers monumensqu’il contiendra ne pouvant que contribuer à enrichir ^imagination de ceux quile parcoureront à dessein de se rendre compte des opinions des dissérens Archi-tectes qui nous ont laissés leurs productions pour exemples.
CHAPITRE XVII.
Description de VHôtel Avnelot de Biz,euil , vieille rue du Temple .
ET Hôtel fut bâti pour M. Amelot de Bizeuil, vers le milieu du dernierj siécle, fur les desseins de M. Cottart, (a) Architecte. Il a été long-tems occupépar i’Ambaíîàdeur de Hollande , ce qui le fait encore appeller aujourd’hui l’Hôtelde Hollande , quoiqu il appartienne à M. Pingot, Sécretaire du Roi, qui l’a loué,depuis environ neuf ans , aux Fermiers des Boucheries de Paris qui y font leurs as-semblées deux fois la semaine, y tiennent leurs Bureaux , &c.
Ce bâtiment dont nous donnons sept Planches , se trouve dans le cas de quelques-autres qui font répandus dans ce Volume & le précédent, c’est-à-dire qu’il est bâtidans un goût ancien; on remarque néanmoins dans fa distribution des formes ingénieu-ses qui approchent de celles que lePautre a montré dans ses productions. Il est vrai quela plus grande partie des décorations extérieures font inférieures à la distribution, quicependant dans le tems dont nous parlons, n’étoit pas poussée au point de perfectionoù nous la voyons aujourd’hui; mais encore une fois , (malgré ce que quelques criti-ques qui ont déja porté d’avance leur jugement fur ce Recueil avant qu’il fûtau jour , ont pû dire en soutenant hautement que la plupart de ces anciens bâti-jnens auroient dû être totalement supprimés de cet ouvrage ) nous persistons à croi-re que, de tems à autre , c’est un bien que de rappelles au Lecteur les change-mens que notre Architecture a subis en France , depuis le commencement du sié-cle dernier. D’ailleurs nous pouvons répondre à ces critiques , qui le plus sein*vent condamnent fans entrer dans aucun examen , que nous avons retranché leplus grand nombre de ces bâtimens, & que nous n’avons laissé que ceux quirenfermoient quelque partie véritablement estimable ; ce qui nous a donné occa-sion , non-seulement d’en faire remarquer les beautés, mais aussi de parler desgrands hommes (b) qui ont contribué à faire fleurir les beaux Arts fous le sieclede Louis XIV , soit parmi les Architectes, soit parmi les Sculpteurs ou les Pein-tres, dont nous avons tâché , autant qu’il a été possible, de rapporter des par.ticula-
(a) Nous ignorons jusqu à présent Porigine de Cottart & nous avons donné à connoître le goût de du Cerceau, &c,ses autres ouvragesjs’il nous vient quelque éclaircissement à & qu’ensin lorsque nous avons donné dans le Chapitreson égard nous en ferons part au public dans une autre oc- XXXI du premier Volume , les diverses maisons qui lecasion ; nous dirons seulement que nous croyons qu’il composent , nous avons mis fous les yeux du Lecteur lesétûit contemporain de le Pautre & de le Mercier, ses diíFérens genres d’Architecture de le Muet , de le Duc ,compositions tenant beaucoup du goût de ces deux Ar- de Gittard , de Marot, &c, tous Architectes du dernierchitectes. siécle qui font presque inconnus aujourd’hui de la plu-
(û) Pour preuve de ce que nous avançons on se rap- part des nôtres, & dans les productions defquels il y apellera que dans ce Volume, à Poccafion de l’Hôtel de d’excellentes choses à puiser (quoique dans un genre difFé-Bretonvilliers, nous avons donné une idée du Bourdon , rent de notre maniéré de bâtir actuelle) qui ne pourront àun des plus excellons Peintres de l’Ecole Françoise : qu’en 'avenir que nourrir le génie de nos modernes, en les éloi-parlant de PHôtel d’Aumo.nt nous avons fait connoître gnant d’une imitation servile des ouvrages du tems qui lesun escalier de Mansard qui a mérité le suffrage des plus feroit tous se répéter en bornant leur imagination & en ren-tables Architectes ; qn’à l’occasion de l’Hôtçl de Sully fermant leurs productions dans des limites trop resserrés.
Tome ll. Q q
Hôtel Astnelot deBizeuif.
»