ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv.íV.
été changées Sc embellies de peintures, de dorure , de glaces , Sc de meublesdans le goût plus moderne. La salle à manger est toute peinte en grisaille par M.Brunetti, connu par la supériorité de ses talens. La salle de compagnie est décoréede ménuiserie pour la plus grande partie ; la sculpture Sc les cadres de cette me-nuiserie sont dorés fur un fond blanc, Sc cette piece est garnie de meubles Sçd’étoffes de prix. Le cabinet est auííì revêtu de ménuiserie, dont les ornemenssont dorés ; mais les paneaux Sc le plafond font enrichis d’Arabesques, embellisde sujets Chinois, le tout peint par M. Huet, Peintre fort habile dans ce genre*A la place de la garde-robe A l’on a pratiqué une piece pour les bains, un cabinetd’aisance, Sic , Sc l’on a fait de la piece B une chambre en niche qui a sa principaleentrée par la salle de compagnie : le reste de ce petit appartement du côté de la coura souffert peu de changement. Toutes ces augmentations ont été faites Tannée der-niere fur les desseins Sc fous la conduite de M. de Saint-Martin, Architecte. Au-dessus de ce premier étage est un Attique dans lequel font distribués plusieus ap-partemens de commodité, auxquels on arrive par Tescalier marqué D, qui mon-te de fond.
Elévation de f Hôtel de Rohan du côté de la cour. Planche IX.
La décoration de cette façade ne nous arrêtera pas long tems dans ce Chapitre ;fa simplicité’', la maigreur des piédroits des arcades au rez-de-chauílee, la dispro-portion des croisées du premier étage , la suppression de la retraite de ce mêmeétage, le fronton placé fur T Attique, les trophées appliqués fur les corps de ré-send. Sc qui portent à faux fur Tentablement, toutes ces irrégularités nous dis-pensent d’un examen trop sévere, Sc nous permettent à peine d’appiaudir à laforme des combles dont la hauteur est plus modérée dans cet Hôtel que dans leprécédent ; nous en excepterons aussi la plupart des profils, qui dans Pexécutionde cette façade ne laissent pas que <^e montrer Inexpérience de TArchitecte quien a donné les desseins.
Elévation de f Hôtel de Rohan du côté du jardin. Planche X.
Cette façade qui a vingt toises de longueur, est composée dans íà hauteur dedeux étages réguliers Sc d’un Attique. Au milieu de cette façade est un avant-corps qui a un défaut contraire à celui que nous avons remarqué à l’Hôtei deSoubise, Planche V , c’est-à-dire que celui de THôtel dont nous parlons est tropétroit pour fa hauteur , par la raison que les colonnes font toutes isolées, au lieud’avoir accouplé celles des angles seulement. La distribution des métopes de T Or-dre Dorique du rez-de-chaussée , semble être la cause de la suppression de l’ac-couplement que nous désirons ; cependant cette raison paroît ici une bien foibleexcuse, puisque dans les angles rentrans de cet avant-corps Sc dans ceux des ex-trémités de cette façade, les trigliphes pénètrent les retours de la frise. D’aii-leurs la corniche de cet entablement n’a ni mutules ni denticules, ce qui est unepreuve assez convainquante que ce n’est pas la sévérité qu’exige cet Ordre quia retenu i’Architecte pour l’accouplement des colonnes , tandis qssau contraireil les a prodigués, j'ose dire, avec excès dans THôtel de Soubise , mais plutôt legoût dominant de nos Architectes qui se font un mérite de percer les murs deface de maniéré à ne conserver aucun rapport entre les pleins Sc les vuides, afinde procurer, disent-ils, une très-grande lumière à Tintérieur des appartemens. Cetteraison , qui n’est cependant pas fans fondement, ne doit pas néanmois porter à sa-crifier la décoration extérieure d’une maison d’importance à la seule commoditéintérieure, Sc sans tomber dans Texcès de la plupart de nos anciens Hôtels, nitrop imiter celui dont nous parlons, il convient de concilier ^ordonnance de de-
Hôtel deRohaíi,
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