ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
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celles du milieu , leur proportion , la répartition des membres d Architecture quiles accompagnent, leurs ornemens , la correction de leurs profils étant de toutebeauté , ce qui nous a déterminé à en donner les desseins plus en grand dans la Plan-che cinquième, Figure premiere.
Les pilastres des extrémités de Pavant-corps font écartés chacun de cinq modules;ils auroient pû être accouplés, & diípoíés d’une maniéré plus ingénieuse, Pac-couplement n’étant difficile à mettre en pratique que dans POrdre Dorique ,qui néanmoins a été préféré par le même Architecte dans le portail des Barnabites.( Voyez le dessein de ce portail, Torm IL pag. 100.
If entablement profile fur les retours de ces pilastres, ce qui ôte à ce portail uncaractère ferme, toujours désirable dans un édifice du genre de celui dont nous par-lons : cette considération fait préférer souvent POrdre Dorique à bionique f ce der-nier étant trop peu viril pour la décoration extérieure d’un Temple , à moins qu ilne soit question d’un monument consacré à la Virginité , où POrdre Ionique , con-sidéré par les Anciens comme un Ordre Féminin, peut être appliqué avec con-venance. Il est aisé de remarquer à S. Roch, à S. Gervais , aux Minimes, aux in-valides , à POratoire, &c. que POrdre Dorique, que nous désirons ici par des raisonsde bienséance, y a été préféré, quoique le plus souvent il ait été exécuté avec assezde négligence, mais du moins ion expression simple Sc virile remplit-elle i’idéequ’on doit fe former de la décoration extérieure d'un édifice sacré.
A chaque extrémité de ce portail, on voir un seul pilastre qui ne nourrit pasassez les parties anguleuses de cet édifice , Sc quoiqu il soit réellement solide par lescorps d’Architecture qui Paccompagnent, il a néanmoins besoin d’en avoir Pappa-rence par la distribution des Ordres ; d’ailleurs les retours de Pentablement furchacun de ces pilastres, Sc la pyramide qui s’éléve au-dessus , fervent encore àrendre cette ordonnance plus légére , ce qui ne peut être approuvé ici : c’est pour-quoi il auroit été à désirer que ces pilastres Rissent accouplés. Sans doute que l’axedes portes collatérales ayant été^donné, il a été difficile d’éviter ce reproche , maïscomme cette Eglise est fans bas côtés -, il faut convenir qu’il étoit possible de tirer unmeilleur parti de cette décoration extérieure.
L’Ordre Corinthien Sc ses accompagnemens font assez heureusement distribués,Sc font un assez bel ensemble avec POrdre Ionique de dessous ; on peut cependantobserver que la hauteur de POrdre supérieur, qui est égal à celui d’en bas, fait pa-roître celui-ci .trop court. Cet inconvénient ne feroit pas arrivé, si on eut donnéun module de moins à POrdre Corinthien ; par-là le socle de dessus PentablementIonique auroit été plus élévé, ôc fa hauteur réelle n’eût pas été masquée en partiepar la faillie de la corniche Ionique. ,
L’entablement Corinthien retourne aussi fur les pilastres , ce qui produit un dé-faut de simétrie dans la distribution des modifions de fa corniche ; ces retours mê-me montent jusques dans le timpan du fronton, ce qui découpe i’ordonnance dece portail Sc lui donne en général un air mesquin, qui Rapproche pas à beaucoupprès de Pentente Sc du caractère expressif qu’on remarque dans les autres ouvragesélévés par le célébré Architecte qui a bâti ce frontispice.
Ces observations, toutes équitables qu’elles paroissent , me font appercevoirles écueils dont est semée la càrriere que je parcours ; je ne sens que trop que jeme mets dans le cas de déplaire à presque tous nos Architectes : en ester soit queje les loue, soit que je les censure , puis-je me flatter de mériter leur approbation ?Non fans doute : car telle est la singularité de P amour propre, l’éloge le plus mar-qué paroît toujours fort inférieur au mérite des hommes , au contraire ils regardentcomme une satyre la critique la plus légére ; mais comme je me voue au bien pu-blic, je ferai toujours trop heureux si mon zele peut y contribuer, Sc sien partir
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