ARCHITECTURE FR AN Ç O I SE,Liv. V.
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Plan général des bâtimens au rez -de - chauffée du Palais Royal.
Planche II.
Palais
Royal.
Les bâtimens de ce Palais font très-considérables, ils font composés de plu-íheurs corps-de-logis séparés par des cours , dont les deux principales font si-tuées à peu près dans le milieu du terrain qu’occupe ce Palais, mais la dimen-sion irréguliere des unes Sc des autres , prouve aífez que la distribution dansle siecle dernier n étoit pas austi-bien entendue qu’aujourd’hui, & que quelqueattention qu’on apporte dans les augmentations d’un édifice commencé pour unHôtel, il est difficile dans la fuite d’en faire un Palais exempt de licence capi-tales. Celui des Thuilieries, le Louvre, Versailles, Fontainebleau, font autant depreuves de ce que j’avance. En effet, pour réussir il faut dans le commencementd’un projet concevoir l’idée générale d’un édifice, tout ce qu’on y ajoute aprèscoup rarement' 1 fe lie bien avec le reste ; d’ailleurs les Architectes chargés decontinuer ces édifices, fe prêtent difficilement à la disposition des ouvrages com-mencés , Sc bâtistent selon leur goût Sc leur génie : on peut faire ce reproche àtous nos Architectes, même du siecle dernier, à l’exception de François Blondel ,Sc de François Manfard , dont l’un, dans la restauration de la Porte 8. Antoine ,P autre, dans les augmentations de l’Hôtei de Carnavalet, ont fçu, en hommes ha-biles Sc qui connoiíïoient le beau, conserver toutes les parties estimables, au pré-judice d’une composition qu’ils auroient fans doute rendue plus convenable -§’ils avoient été les maîtres de traiter à neuf ces deux monumens.
Le Palais dont nous parlons fut commencé par Jacques le Mercier , ainsi quenous l’avons déja dit ; Hardouin Manfard a fait ensuite les grands appartemens deparade Sc la grande gallerie : Gilles Oppenor les a décoré , M rs . Le grand Sc Car-raud y ont successivement fait des changemens , M. Contant en fait aujourd’huide considérables , Sc cependant, malgré la capacité de tes Architectes , il est àcraindre que cet édifice ne forme jamais un bel ensemble. Il y régné un air de pesan-teur dans les façades, Sc un défaut de simétrie dans les distributions, qui révolte-ra toujours les Connoiífeurs. Les dedans, à la vérité, font capables de dédom-mager les amateurs de Pirrégularité Sc du mauvais goût de l’extérieur, Sc c’est -en leur faveur, que nous avons cru ne pouvoir nous dispenser de donner dansce recueil les desseins de cet édifice , dont nous ne pouvons raisonnablement fairel’éloge , pour ce qui regarde la disposition en général, Sc la décoration exterieu-re en particulier, aussi n’en ferons-nous pas une description très-détaillée. Nousnous contenterons feulement, Sc pour faire éviter à l’avenir quelques défauts quife trouvent dans ce plan, de remarquer que la premiere cour est trop peu con-sidérable pour l’étendue des bâtimens qui composent ce Palais ; que la secondeest d’une proportion trop quarrée, quoique plus spacieuse , Sc plus supportable parle moyen des pennés pratiqués dans le m™** 4UÍ iëpare cette cour d avec les jar-dins. Je dis plus supportable , parce que nous avons reconnu ailleurs qu’il estnécessaire pour donner une belle forme aux cours, qu elles aient de longueur ladiagonale du quarré fait fur leur largeur ; considération qui auroit dû faire préférerune grille de fer à cette muraille, qui masque d’une partie jardin, Sc de l’autreles bâtimens.
A l’égard des autres cours qu’on remarque dans ce plan, comme elles ne fontpas aussi intéressâmes , leur proportion Sc leur forme font plus indifférentes ;quoiqu’on puisse dire en général, qu’il est bon d’observer, autant qu’il est possi-ble , que rien ne soit négligé dans un édifice d’importance; mais, comme nousvenons de le remarquer, les cours, le corps-de-logis, les ailes, les pavillons
Sc les