A R C H I T E G TU RE FRANÇOISE, L iv. V. 47
opposée. On a proposé , dit-on, de supprimer cette terrasse , Sc par conséquentles murs qui la soutiennent, pour y mettre une grille de fer; sans doute la courprincipale en acquereroit plus d espace , mais lorsque ces murs seroient supprimés, ilseroit à craindre qu on n’apperçût trop visiblement Irrégularité de Penfilade gé-nérale.
L’éíévation G est une partie de celle qui contient au premier étage la grandegallerie. Son ordonnance différé absolument des précédentes ; elle est composéeau rez-de-chaussée Sc au premier étage d’arcades en plein ceintre , Sc elle est enrichied’ornemens Sc de membres d’Architecture qui ont assez bien réussi à RardoumMansard, aussi les a-t-il employé assez volontiers dans les bâtimens qui lui ont été con-fiés. La saillie des ailes de la seconde cour empêche qu’on ne voye ici la lon-gueur de cette façade ; mais comme dans toute son étendue elle est la même , nou?nous sommes crû dispensés de la donner séparément. A l'sgard de celle qui luifait retour, Sc qui est en face du jardin, sa décoration est si médiocre, que nousn’avons pas hésité de n en point parler ici. Peut-être en aurions-nous usé de mê-me à l’égard de la plus grande partie des distributions en général Sc des éléva-tions de ce Palais ,, si d’un côté son immensité, de Pautre le nombre prodigieuxde merveilles qssil renferme dans son intérieur, n’euflent pas été pour nous un mo-tif assez puissant pour le faire connoître aux étrangers. Au reste ne peut-on pasdire que les inadvertances que nous nous sommes trouvés obligés de relever dansPexamen de ce vaste bâtiment, feront l’effet de sombre qui sert dans un tableauà faire valoir la lumière , rien n’étant plus important pour la recherche du vraibeau , que de s’aíîùrer par une comparaison réfléchie de la source Sc du motif deslicences dans lesquelles les autres font tombés ?
DE SCRIPTION
DU CHATEAU D'E A U
Ele've' en f ace du Palais Royal , rue Saint Honore'.
I L n’y eût point d’abord de place vis-à-vis le Palais Royal. La Reine Régente,Anne d’Autriche , étant venu faire son séjour dans ce Palais, fit abattre PHôtelde Sillerì , & en fit construire une ; mais comme elle étoit bornée Sc fort irrégu-liere, Philippe , Duc d 3 Orléans - Régent du Royaume, la fit aggrandir en 1715? ,lorsqu il prit possession de ce Palais, ainsi que nous savons dit au commencementde ce Chapitre. Il y fit construire, fur les desseins de Robert de Cotte (f), premierArchitecte du Roi, un corps de bâtiment nommé le Château d’eau , qui contient deuxréservoirs, sun d’eau de la Seine, amenée par la machine de la Samaritaine (m) ,Pautre d’eau d’Arcueil, amenée par saqueduc de ce nom (ri). Ces réservoirs fourniílèntde Peau au Palais Royal, aux Thuilerics, au Louvre, Scc.
(/) Voyez ce que nous avons dit de cet Architecte ;Tome I. Page 23 o. Note (a).
(m) Voyez ce que nous avons dit de la Samaritaine ,
T. II. p. i^.Not. (e).
(n) Cet aqueduc , tel qu’il est aujourd’hui, (car il y enavoir anciennement un, dont il reste encore quelques ves-tiges , ) fut construit par ordre de la Reine Marie de Me-dicis, fur les desseins de Jacques De Brojfe j il fut achevéen 1624. Cet ouvrage égale en magnificence ceque lesRomains ont fait élever dans ce genre. II a 2.00 toi-ses de longueur ,douze de hauteur, & est orné de vingtarcades de vingt-quatre pieds d’ouverture, dont neuffont percées à jour ; fous l’une de ces arcades passe la
petite riviere de Bievre. Cet aqueduc tire ses eaux de Run-gis par des rigoles qui ont 6600 toises de longueur. Laconduite de ces eaux pour Paris est au-deflus de la cor-niche de ce monument ; elles passent dans un canal auxdeux côtés duquel font des banquettes. Ce canal est voû-té & percé d’ouvertures pour donner de l’air & du jourdans ì’aqueduc.
A propos de cet aqueduc , nous citerons la maison deplaisance de feu M. le Prince de Guise qui est attenant,& dont les jardins & les bâtimens, quoiqu’à demi ruinés ,produisent encore un effet admirable, ils ont même serviplus d’une fois de modele à nos plus habiles Peintres Fran-çois & à nos meilleurs Déffinateurs.